Les pistes de Peace & Sport vers un sport responsable

Le Forum Peace & Sport, qui se tient du 6 au 8 décembre à Monaco, entend être le porte-parole d’un sport mondial responsable prônant les valeurs de paix et de non-violence. Même s’ils ne sont vraiment pas nombreux, les acteurs économiques du sport sont quand même présents au rendez-vous. Nike notamment. L’équipementier américain annonce avoir touché 14 millions d’enfants grâce à ses actions à travers le monde organisées via sa fondation.

«La nouvelle génération est la moins active de l’histoire et les risques sanitaires sont donc réels, affirme Jorge Casimiro, président de Nike Fondation et vice-président Global Community Impact. Notre objectif est donc de faire bouger les jeunes. Nous sommes là pour les inspirer, comme lors de cette tentative contre le record du marathon que nous avons organisé. Les enfants ont besoin de bouger, mais nous devons aussi leur donner les opportunités de le faire».

La marque indique travailler avec les ministères de l’éducation des pays pour organiser ses actions sur le terrain. Ce sont des dons de matériels ou la rénovation d’équipements. Nike a aussi mis en place des outils pour mesurer les impacts, et ainsi modifier les cadres des opérations si nécessaire. Répondant à une de mes questions, Jorge Casimiro précise que le travail de Nike Fondation est totalement détaché d’un esprit mercantile. «Tout est très bien séparé, assure-t-il. Nos actions touchent les enfants de 9 à 12 ans. La communication commerciale de la marque, elle, n’est tournée que vers les adultes».

Mesurer le Social Impact Marketing

Les événements sportifs peuvent également adopter une démarche sociétale. C’est d’ailleurs, selon Common Cents, une demande formulée par les organisateurs. «Faire un don c’est aussi se procurer une émotion et c’est donc proche du sport, déclare Nicolas Violette, co-fondateur de l’entreprise de “social business”. D’habitude ce sont les organisateurs qui reversent une partie de la recette à une association. Nous, nous proposons lors de l’achat du billet, de verser directement un ou deux euros en plus du tarif à un bénéficiaire».

Le dirigeant de Common Cents indique que 20% à 30% des spectateurs réalisent cet acte solidaire. «Le public est enclin à s’associer à ce geste social, explique t-il. Ce type d’opérations permet aussi aux organisateurs ou aux clubs de communiquer après l’événement en précisant les sommes récoltées». Une porte d’entrée dans le Social Impact Marketing d’après Nicolas Violette qui se projette déjà dans six ans : «Imaginez en 2024 lors des Jeux à Paris, si seulement 10% des acheteurs des 14 millions de billets versaient 1 euro, cela correspondrait à une collecte de 1,4 million d’euros», avance-t-il avec espoir.


Pascal Gentil: «Les marques ont peur de s’engager sur l’éthique».

Double médaillé olympique de Taekwondo, Pascal Gentil est aussi un ambassadeur de Peace & Sport. «Le monde change, et même si le sport ne peut pas tout faire, il a une capacité d’influence. Malgré tout, les marques ont peur de s’engager sur ces volets éthiques. Comme si le mot paix faisait peur. Pourtant, le “social business” devient tendance et le message est noble. A un moment, il faudra bien qu’elles fassent preuve de courage et se lèvent pour dire qu’elles sont contre les violences, elles-aussi. Toutefois, il faudra que cette démarche soit désintéressée. Cette démarche est sain car le plus important est d’aider l’accès au sport».