«Les start-up apportent une réflexion nouvelle à Adidas»

L’interview du samedi : Brice Lefevre. Le Directeur Paris chez Adidas France est aussi coordinateur de Platform A, accélérateur de start-up lancé vendredi 18 janvier à Paris et installé dans la Station F, l’incubateur créé par Xavier Niel, le patron de Free. Ces jeunes pousses, treize au total, auront durant six mois le soutien de équipementier pour tester diverses innovations dans l’univers du sport. Adidas compte s’appuyer sur ces travaux qu’il finance pour se développer et prendre un peu d’avance sur ses concurrents, bien que ces solutions puissent aussi à terme être utilisées par l’ensemble du marché (A regarder également, l’interview vidéo de Brice Lefevre).

Où Adidas a-t-il installé son incubateur ?

Brice Lefevre : «C’est à la Station F qu’Adidas ouvre son premier incubateur de start-up dans le domaine du sport. Nous avons reçu 400 candidatures et en avons retenu 28. Ces start-up sont venues présenter leur projet à notre siège. Au final, 13 ont sélectionnées autour de trois domaines stratégiques : l’accélération digitale, la transformation de la distribution et enfin la santé et le développement des communautés

Pourquoi vouloir aider et financer des start-up ?

B.L.: «Adidas est l’une des marques leaders dans le sport et possède des domaines de compétences acquis, mais elle n’a pas forcément toutes les réponses. Les start-up apportent une agilité et une réflexion nouvelle dont on a besoin de s’inspirer. Nous souhaitons travailler avec elles pour bénéficier de cette énergie qui les anime, mais également pour nous aider sur des problématiques identifiées dans les trois domaines que j’ai détaillé.»

Adidas a choisi de travailler en « Open Source ». Qu’est-ce que cela signifie ?

B.L.: «C’est un désir de la marque de s’ouvrir sur le monde extérieur en s’inspirant du modèle des logiciels. On ouvre la marque et on a décidé de ne plus être simplement les seuls à définir ce qu’elle pourrait être. Pour cela, nous avons justement besoin de partenaires qui peuvent être des start-up, mais aussi des athlètes des consommateurs ou des artistes. L’open source c’est simplement le postulat de dire “venez co-créer, si vous le voulez, à cette belle marque qu’est Adidas »

Concrètement, qu’attend Adidas de cette opération ?

B.L.: «Énormément de compétences dans des domaines dans lesquels nous ne sommes qu’aux balbutiements. Grâce à la valeur-ajoutée de ces start-up, nous souhaitons acquérir des innovations et des technologies qui pourront nous faire avancer. On pourra travailler en commun sur des sujets, notamment via notre réseau de distribution. A Paris, nous bénéficions du plus grand magasin au monde : il a ouvert le 11 janvier dernier sur les Champs-Elysées. Typiquement, toutes les nouvelles innovations que ces start-up pourront développer auront la possibilité d’être tester dans notre magasin

Adidas gardera-t-il tout de même la primeur de ces innovations ?

B.L.: «Oui. Certains sujets innovants touchent des domaines de confidentialité et l’on ne partagera pas forcément tout en amont. Aujourd’hui, nous avons présenté très largement les projets, mais on va garder une petite part la confidentialité. toutefois, après leur phase de développement, nous souhaitons que ces projets soient présentés aux consommateurs de la plus large manière qui soit

© SportBusiness.Club. Janvier 2019.


Chez Adidas, l’innovation est au départ de Platform A

Pour l’heure les bureaux sont vides mais déjà aux couleurs d’Adidas. Dans la Station F, l’incubateur du patron de Free, Xavier Niel, ouvert l’an passé dans une ancienne gare à marchandises de Paris, les treize start-up sélectionnées par l’équipementier ne sont pas encore installées. Elles le seront d’ici fin janvier. Les initiateurs de ces jeunes pousses auront alors comme voisins les start-up des incubateurs de TF1 ou de LVMH.

Bien qu’il soit basé à Paris, le projet Platform A est porté par l’international chez Adidas. La capitale française est l’une des six “Keys Cities” de l’équipementier qui se définit plutôt comme un accélérateur. La marque contribue à hauteur d’un million d’euros dans l’opération mais la partie incubation, c’est-à-dire l’aide au développement des start-up, est laissée au spécialiste Plug and Play.

Pour chacune des entreprises sélectionnées, Adidas a écrit une feuille de route. Les objectifs sont fixés autour de trois axes, toujours dans l’univers du sport : le développement numérique, la vente et les communautés au travers de la santé. La marque offre aux start-up tous ses actifs pour tester les innovations, comme son réseau de distribution, ses communautés de runners à Paris ou son application Runtastic.

Le programme est prévu pour durer six mois. Adidas fera un bilan avec chaque start-up d’ici l’été, et décidera, ou pas, de poursuivre avec elle. Pour inaugurer sa Platform A, la marque a fait appel à Pharell Williams qui a fait danser la planète avec “Happy”. L’auteur-compositeur-interprète, chanteur, producteur, musicien et styliste américain, comme le défini Wikipedia, est une start-up à lui tout seul.


Les 13 start-up de Platform A

  • Overtime
  • Hero
  • Running Care
  • Blue Bite
  • SneakerCrypt
  • Storr
  • WOM
  • YEAY
  • eyecandylab
  • Radius8
  • Stuffstr
  • Vekia
  • Neurun