«L’expérience d’un sportif est transposable dans l’entreprise.»

L’interview du samedi : Frédérique Quentin. La responsable du haut-niveau chez FDJ explique l’engagement de son entreprise dans le programme Sport Compétences qui délivre un diplôme de compétences professionnelles à d’anciens sportifs de haut niveau ou en fin de carrière. Délivré par un jury dans lequel se retrouvent des dirigeants d’entreprises, ce label, non-officiel encore, doit aider les athlètes dans leur reconversion. Frédérique Quentin est elle-même ancienne athlète de haut-niveau.

Quel est l’objectif de Sport Compétences ?

Frédérique Quentin : «C’est aider des sportifs dans leur préparation de fin de carrière, notamment tous ceux qui ont arrêté très tôt leur formation ou qui ont fait un choix par défaut. Beaucoup de sportifs choisissent une formation en fonction du planning, de l’aménagement horaire sans que ne corresponde à un véritable souhait. A la fin de leur carrière ils ne se projettent pas forcément dans la voie professionnelle dans laquelle ils s’étaient engagés. Ces sportifs, surtout quand ils arrêtent après trente ans, ont déjà une vie de famille, des enfants. Certains ne sont plus du tout dans la démarche de repartir dans des formations. Ils se retrouvent avec des CV un peu légers. Pour autant, le constat est qu’ils ont plein de compétences acquises durant toute leur carrière grâce à leur expérience de sportif de haut niveau. L’idée c’est de faire que ces compétences et expériences soient transposables dans le monde de l’entreprise. Ce label sera une ligne en plus sur leur CV.»

La reconversion des sportifs de haut niveau est-il un véritable soucis ?

F.Q.: «C’est quelque chose qui tend à s’améliorer car en fait énormément de fédérations encouragent déjà leurs athlètes à suivre des formations. Cela est inscrit dans leurs contrats d’objectifs : elles doivent s’occuper de la formation de leurs athlètes afin qu’ils suivent un parcours académique en parallèle de leur carrière sportive. Mais toutes les fédérations ne jouent pas le jeu ou ne sont pas au même niveau. Le degré d’encouragement auprès des sportifs à faire des études n’est pas identique. Du coup, oui, cela reste encore problématique pour certains sportifs

Quel est l’intérêt de FDJ de s’associer à cette démarche ?

F.Q.: «Cela vient compléter le programme challenge lancé il y a 27 ans. Les relations que l’on a avec les athlètes que l’on a aidé ne cessent jamais, et nous nous sommes rendus compte que certains rencontraient des difficultés au moment de la reconversion. C’est de là qu’est née notre réflexion. Il s’agissait de voir comment nous pouvions aider ces athlètes de 30 ou 35 ans. Leur financer une formation n’était pas la solution. Il fallait trouver l’idée la plus pertinente au regard leur carrière et leur expérience. Sport Compétences devient un autre pilier de notre programme.»

D’autres entreprises peuvent-elles s’associer à FDJ dans Sport Compétences ?

F.Q.: «Oui, bien-sûr. Chez FDJ Sport on aime bien être à l’initiative de démarches. Nous appelons toutes les entreprises, les institutions à nous rejoindre. Nous ne sommes pas fermés. Plus il y aura d’entreprises derrière ce label, plus cette ligne dans le CV des sportifs aura de la valeur au moment d’un entretien d’embauche. N’oublions pas la perspective de Paris 2024 : après les Jeux on aura encore plus de sportifs à soutenir.»

© SportBusiness.Club. Décembre 2018.


Les six premiers «diplômes» de Sport Compétences

  • Julien Lavagne : 33 ans : volley-ball.
  • Sophie Giquel-Bettan, 36 ans : golf.
  • Mathias Boucher, 28 ans : judo.
  • Gaëlle Le Hir, 28 ans : handball.
  • Daniel Oyono, 35 ans : basket-ball.
  • Frédéric Adjiwanou, 38 ans : basket-ball.