Paris 2024: la province attend aussi son héritage

Jeux olympiques

Débat autour de l'héritage de Paris 2024 au 100e Congrès des Maires de France.

Ils sont maires d’Hossegor, dans les Landes, de Tignes, en Savoie, et de Montsinéry-Tonnegrande en Guyane. Tous trois attendent que les Jeux olympiques de Paris 2024 leur apportent, à eux aussi, des retombées concrètes. Un souhait que le trio d’élus a exprimé lors du Congrès des Maires de France, mercredi 22 novembre, devant Laura Flessel, Ministre des Sports, et Anne Hidalgo, Maire de Paris. Cette dernière a tenté de rassurer ses collègues : «L’héritage de Paris 2024 touchera directement beaucoup de Français, affirme-t-elle. Ces jeux n’appartiennent ni à Paris ni au monde sportif, mais à tous. La question de l’héritage territorial est la clé de la réussite».

La province accueillera quelques compétitions. C’est le cas pour Marseille où se dérouleront toutes les épreuves de voile. La cité phocéenne recevra aussi des matchs du tournoi de olympique de football, à l’instar de Nice, Bordeaux, Lyon, Saint-Etienne, Toulouse, Lille et Nantes. De même, si le surf intègre officiellement le programme de Paris 2024, il faudra aussi lui trouver un site pour les épreuves. Justement, pourquoi pas Hossegor ?

L’enjeu des « bases arrières »

Pour Laura Flessel les Jeux olympiques peuvent apporter des opportunités à toutes les villes de France. «En 2012, pour les Jeux de Londres, plus de 600 villes s’étaient déclarées intéressées pour accueillir une délégation étrangère, indique la Ministre des Sports. Nous allons lancer un appel à projet dans ce sens».

Ces “bases arrières” permettraient d’accueillir la préparation sportive des athlètes en amont des Jeux, lors de stages par exemple. Tignes, dans les Alpes, s’y intéresse. Il y a aussi l’exemple de Châteauroux.  La préfecture de l’Indre tente ainsi de séduire le mouvement sportif chinois. Pour ces villes-hôtes, les retombées économiques directes (hébergement, restauration…) et indirectes (image internationale, tourisme…) seront chiffrables. Il faudra aussi compter avec l’héritage qui pourra se concrétiser par des infrastructures sportives nouvelles ou rénovées. «320 pays viendront disputer les Jeux», insiste Laura Flessel.

Plus concernées par le sujet, les communes d’Ile-de-France entendent bien-sûr également tirer parti des Jeux. Et même dès maintenant. «Pour la candidature des Jeux de 2012, nous devions accueillir les épreuves de base-ball, se souvient Nicole Goueta, Maire de Colombes (Hauts-de-Seine). Nous avions alors lancé un club de base-ball dans la commune. Aujourd’hui il compte 150 licenciés ! En 2024 Colombes recevra des matchs de hockey sur gazon. Nous travaillons déjà autour de cette discipline».

La flamme olympique dans toutes les communes

Même à 7 000 kilomètres des Jeux de Paris, la Guyane tente de bénéficier de l’événement. «Nous possédons une base d’aviron et canoë-kayak où l’équipe de France s’était préparée avant les Jeux de Rio 2016, indique ‎Patrick Lecante, Maire de Montsinéry-Tonnegrande. Pourquoi ne pas envisager de devenir une porte d’entrée des Jeux de Paris 2024 pour l’Amérique du Sud ?».

Les 35 500 communes de France ne pourront pas accueillir des épreuves ou des athlètes des Jeux olympiques. Cela ne signifie pas qu’elles soient exclues de l’événement. «A Londres, 95% de la population a vu passer la torche olympique à moins d’un kilomètre de son lieu d’habitation, déclare Bernard Lapasset, futur président d’honneur du Comité d’organisation. La torche de Paris 2024 passera elle dans toutes les communes de France». Le feu olympique pourra lui être partagé par tous.