Dirigeantes : programme de féminisation des fédérations

La maison du sport français à Paris, siège du CNOSF.

Une seule femme est présidente d’une fédération française sportive olympique : Isabelle Lamour à la tête de celle d’escrime. Un constat qui pourrait changer dans l’avenir grâce au programme “Dirigeantes” initié par le Comité national olympique et sportif français (CNOSF). L’objectif est d’encourager et aider les femmes à s’engager dans les instances sportives. «Ce n’est pas de la formation, mais plutôt de l’accompagnement que nous proposons», explique Sarah Ourahmoune, vice-présidente du CNOSF en charge des mixités. La médaillée d’argent en boxe à Rio 2016, porte ce projet dont l’une des concrétisations est une série de conférences (voir ci-dessous).

«L’objectif est d’avoir plus de femmes dirigeantes dans les fédérations sportives et les institutions, indique la championne. Nous leur proposons des conseils, des rencontres avec des experts et de les aider à se constituer un réseau.» Le programme est large et débute dès le niveau local et associatif. Dans le même temps, une douzaine de femmes au potentiel plus élevé a été isolée. Pour celles-ci, le but est de les faire élire au sein des Bureaux des fédérations ou même de viser la présidence.

«Pour que ce programme fonctionne il faut déjà bien comprendre les problématiques des femmes qui peuvent être bien différentes de celles des hommes, indique Roxana Maracineanu, ministre des Sports. C’est notamment le cas pour la maternité.» Autre exemple : les réunions souvent interminables et parfois rédhibitoires pour une femme active. «On peut envisager le recours aux visioconférences, suggère Marie-Françoise Potereau, vice-présidente de la Fédération française de cyclisme. Plus largement, c’est le modèle de fonctionnement du monde sportif associatif qu’il faut revoir si l’on veut attirer de nouvelles populations.»

En attendant, ce sont les textes de la future loi du sport qui pourraient faire office d’accélérateur. Ainsi, une limitation à trois du nombre de mandats pour la présidence d’une fédération peut permettre de laisser libre plus facilement certains fauteuils. Par ailleurs, un quota de mixité dans les conseils d’administration des instances serait également envisagé. Il faudra attendre encore un peu : prévue pour le printemps le projet de loi sur le sport ne sera sans doute pas discuté au parlement avant la rentrée.

© SportBusiness.Club Janvier 2020


Une aide pour indemniser les président(e)s

Denis Masseglia, président du Comité national olympique et sportif français, a, en marge de la conférence consacrée aux dirigeantes dans le sport, annoncé la création en 2021 d’un fonds doté d’environ un million d’euros dont le but serait d’indemniser financièrement en partie les dirigeants des fédérations sportives, en particulier les présidents. «Cette aide peut être une forme d’incitation pour de nouvelles populations d’accéder à ces postes,» indique le président du CNOSF.


Dirigeantes, la série TV

Sport en France, la chaîne du Comité national olympique et sportif français, diffuse à compter de samedi 1er février une série de portraits de femmes du sport français. Il s’agit d’interview réalisé par Sarah Ourahmoune Le premier épisode concerne Roxana Maracineanu, ministre des Sports, puis il en suivra un par mois. Sept sont déjà terminés.