L’hippisme passe en version augmentée

Suivi de la position exacte des chevaux en direct, immersion dans la course grâce à une modélisation 3D en temps réel, affichage de données associées… la course hippique prépare sa révolution et la date est fixée : ce sera dimanche 28 janvier à l’occasion du Grand Prix d’Amérique. Le championnat du monde des trotteurs sera la première épreuve bénéficiant de cette innovation technologique, baptisée Epiqe Tracking et qui offrira une expérience réellement nouvelle aux téléspectateurs. «Nous sommes dans une rupture, une vraie transformation : les courses hippiques font un pas de géant», assure Samuel Loiseau, directeur marketing et client du PMU, en charge de ce projet pour les courses hippiques.

Concrètement, lors du Grand Prix d’Amérique, chaque cheval sera équipé sur sa selle d’un traceur GPS développé par Mac Lloyd, une start-up créée en 2013. Ce petit boitier de 150 grammes permet de repérer à 25 centimètres près la position du cheval. Outre sa situation dans le peloton, le capteur enregistre une cinquantaine de données toutes les secondes : la vitesse ou l’accélération par exemple. Des antennes déployées sur l’hippodrome recueillent ces données. C’est le travail de Thalès, qui, d’une part, stocke ces data sur ses serveurs et, d’autre part, les traitent pour une utilisation par les médias. Tout ça en quelques centièmes de secondes.

Une immersion en 3D dans la course

Le résultat est parfaitement visible à l’écran : durant la course, une règle située sur le bas de l’écran, positionne précisément les chevaux. Leurs places évoluent en temps réel, jusqu’aux derniers 100 mètres, où les positions s’effacent. En effet, il s’agit de ne pas intervenir dans le classement officiel jugé à partir de la photo finish par de vrais personnes, les arbitres.

Ce n’est pas tout. Toujours en temps réel, la course est virtuellement reconstituée. Chevaux, jockeys et hippodromes sont modélisés. Avec un smartphone ou des lunettes 3D, le spectateur peut vivre la course de l’intérieur, comme s’il était au cœur du peloton. Des données affichées permettent de connaitre la vitesse ou la distance avec les autres chevaux. La sensation d’immersion est réelle. Ne manque que la cravache en main… heureusement d’ailleurs. La course sera aussi disponible en replay sur l’application Epiqe Tracking spécialement conçue pour cette nouveauté.

«Nous allons bien au-delà de l’habillage télé»

«Nous nous sommes inspirés de ce qui existait déjà dans le sport, comme Hawk-Eye au tennis, Virual Regatta dans la voile ou le travail de Dimension Data sur le Tour de France cycliste, précise Samuel Loiseau. Ce système de tracking existe déjà dans d’autres pays, mais il n’est pas aussi précis que celui que nous avons développé. Surtout, il est voué à être utilisé sur plusieurs courses par réunion, dans toutes les disciplines, trot, galop et saut, et sur les principaux hippodromes français». Vincennes est équipé. Le nouveau Longchamp (dont l’ouverture est prévue à la rentrée), Chantilly et Deauville suivront, puis une dizaine d’autres sites d’ici le printemps 2019.

TF1, LCI et Equidia, qui retransmettent les courses hippiques, bénéficieront de cette technologie. «Nous allons bien au-delà de l’habillage télé», insiste Samuel Loiseau dont l’objectif est triple : «D’abord moderniser l’image des courses, indique t-il. Puis recruter un nouveau public. Enfin, enrichir l’expérience». Le coût de développement d’Epiqe Tracking reste secret, mais le dirigeant attend un retour sur investissement rapide. «Nous vérifierons ces retombées via notre baromètre d’image trimestriel, affirme Samuel Loiseau. Et derrière, il y a aura forcément des retombées sur les enjeux». C’est justement le pari de cette innovation technologique.

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