L’Occitanie parie sur le sport et l’innovation

Le Davos du sport. Le terme lâché sur le ton de la plaisanterie par Jean-Marc Oluski, a été largement repris par les médias pour qualifier le Sportup Summit. L’événement, dont la 4e édition se tiendra du 3 au 5 octobre prochain à Font-Romeu, n’est certes pas encore au niveau de son aîné suisse, mais il n’a pas à en rougir. Porté par la Région Occitanie, ce rendez-vous est désormais traditionnel pour le monde de l’économie du sport avec un concept attendu : une compétition de start-up autour des innovations dans l’univers du sport. Une trentaine devrait concourir.

Cette année, la Région veut aller plus loin. La collectivité territoriale lance une plateforme d’accélération dédiée au développement de la filière économique du sport en France en partenariat avec les clubs professionnels régionaux. «Dans d’autres pays européens, plusieurs clubs professionnels ont intégré un incubateur en interne, ce n’est pas le cas en France», indique Jean-Marc Oluski, président d’AD’OCC Sport, structure de la Région Occitanie et organisateur du Sportup Summit. «Nous allons nous rapprocher de nos grands clubs régionaux, comme le Stade Toulousain, Castre Olympique ou le Toulouse Football Club pour voir comment elle pourraient héberger des startup que nous nous chargerons d’accompagner,» poursuit-il.

«L’intérêt pour les clubs est de profiter directement d’innovation dans des problématiques qui leur sont propres, et de disposer de revenus potentiels supplémentaires, explique Jean-Marc Oluski. Les start-up, elles, profiteront d’un formidable terrain d’expérimentation.» Un premier Appel à manifestation d’intérêt (AMI) a été lancé. La Région souhaitait annoncer des premiers partenariats lors du Sportup Summit d’octobre prochain.

© SportBusiness.Club. Juin 2019


«Je crois beaucoup au lien entre entreprises et clubs sportifs»

Interview Kamal Chibli. Le vice-président en charge de l’Éducation, de la Jeunesse et du Sport au Conseil régional d’Occitanie, estime que l’une des tâches des collectivités territoriales est de jouer un rôle de facilitateur de contact entre le monde économique et l’univers du sport dans les territoires.

Pourquoi une collectivité territoriale comme la Région Occitanie serait la mieux placée pour faire le lien entre l’univers du sport et le monde économique ?

Kamal Chibli : «D’abord parce qu’elle accompagne les entreprises sur un certain nombre de secteurs, et notamment le sport. Mais ici il y a surtout une volonté politique : on a considéré que le sport générait de l’emploi sur le territoire, même si ce volume n’a pas encore été quantifié tant lors des événements au pour les clubs. Mais ce chiffre est considérable. Ensuite, le sport au niveau social est un véritable vecteur d’intégration, d’insertion et de reconnaissance notamment pour des publics qui sont parfois être fragilisés. La Région Occitanie bénéfice d’un écosystème autour du sport avec trois Creps rayonnant au niveau national et des pôles France et espoir. Avec la perspective de Paris 2024, il faut être aveugle pour ne pas considérer qu’il y a là une opportunité. Enfin clairement, aujourd’hui toutes les régions sont en concurrence et tentent d’attirer la lumière vers elles. Nous avons aussi cette volonté là et donc nous valorisons ce que l’Occitanie fait en la matière. Toutefois, nous ne serions pas en capacité de le faire si nous n’avions pas un écosystème favorable. Quand le navigateur Kito de Pavant conçoit un bateau 100% Made in Occitanie, cela signifie qu’il y a de la capacité dans cette région, mais il faut accompagner ces initiatives

Aider les startup dans le sport est-il un enjeu économique pour la Région ?

K.C.: «Bien sur. Notre mouvement sportif est fragilisé. Développer l’innovation, l’entreprenariat et créer de l’emploi c’est aussi réinjecter de l’économie dans le club et le mouvement sportif. Je crois beaucoup au lien entre entreprises et clubs sportifs, mais encore faut-il que les élus établissent ces liens. Nous allons lancer sur les treize départements de la région quelque chose d’unique en France : des groupes de travail avec des entreprises et des clubs sportifs. Nous allons créer les contacts entre eux. Si nous nous ne faisons pas ça, personne d’autre pourrait le faire. La question de l’aide est cruciale et je crois que le rôle des institutions est aussi d’aider les clubs et le mouvement sportif

Le sport est-il un vecteur d’attractivité pour une région ?

K.C.: «Énormément. La Coupe du monde féminine de football à Montpellier et Toulouse, le FISE à Montpellier, L’Euro de Volley bientôt, les championnats du monde de patinage artistique en 2022 ou le Tour de France, sont autant d’événements qui rassemblent des millions de téléspectateurs. Dire que ces retombées ne permettent pas de valoriser notre territoire serait mentir. Par ailleurs, nos athlètes de haut niveau, avec leurs centaines de milliers de followers sont aussi des ambassadeurs pour valoriser nos montagnes, nos sites patrimoniaux ou archéologiques. On doit se saisir de ces opportunités, notamment avec des sportifs qui sont volontaires pour ça.»