«Engageons des changements qui perdureront après les Jeux»

Interview : Marie-Amélie Le Fur. La présidente du Comité sportif paralympique français (CSPF) est satisfaite du concept mis en place par Paris 2024 pour les Jeux paralympiques. Au total, 23 disciplines seront présentes du 28 août au 8 septembre 2024, la plupart autour deux grands axes : Stade-de-France/Le Bourget et Paris Centre.

Etait-ce très important pour les athlètes des Jeux paralympiques d’avoir les mêmes sites de compétition que ceux des Jeux olympiques ?

Marie-Amélie Le Fur : «Avant cela, l’idée était d’avoir un concept spectaculaire et engageant qui donne envie aussi bien à nos sportifs qu’aux spectateurs de venir. Je pense que ce challenge est réussi par Paris 2024 qui a su utiliser de nouvelles opportunités et ainsi modifier le concept initial. Je suis certaine que nos sportifs et les spectateurs seront ravis de venir découvrir les épreuves paralympiques de Paris 2024

Quelles priorités ont guidé Paris 2024 pour le choix des sites de compétition ? Est-ce en fonction du transport des athlètes ?

M.-A. L.F. : «Le transport des athlètes n’est pas forcément un problème car il est organisé via des bus accessibles. Le plus gros problème qui se pose est celui du transport des spectateurs. Il faut trouver comment habilement on peut travailler sur l’accessibilité de nos moyens de transport actuels, comme le métro. Nous pouvons également mettre en place de nouvelles formes de mobilité. Aujourd’hui, je vous rappelle que seulement 3% des stations sont accessibles pour les personnes en mobilité réduite. Saisissons l’occasion pour engager des changements qui perdureront après les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024

Faudra-t-il donc faire aussi un effort pour améliorer l’accessibilité du public ?

M.-A. L.F. : «Effectivement, il va falloir que l’on travaille sur l’accessibilité des différents sites que ce soit pour l’enceinte sportive elle-même, que pour son accès pour y aller, ce que l’on appelle le dernier kilomètre, c’est-à-dire, par exemple, de la station de métro à l’entrée du site. Ce sera très bien d’avoir une enceinte totalement accessible, mais si on ne peut pas y arriver physiquement, pour nous ce sera vraiment problématique. C’est finalement toute une réflexion autour de l’accessibilité physique qui doit être menée et cela nécessite de discuter avec l’ensemble des parties prenantes de l’organisation. Et puis, il y a également une autre réflexion à mener aussi bien par le COJO que par des développeurs pour que le spectacle sportif puisse être accessible à tous les types de handicap

L’handisport est-il aujourd’hui mieux reconnu et apprécié par le grand public ?

M.-A. L.F. : «Je pense que cette reconnaissance est croissante. Petit à petit on voit que les terminologies “Jeux paralympiques” ou “parasports” et que la connaissance des athlètes handisports s’améliorent. Mais il faut encore travailler, notamment avec les médias afin de mieux mettre en avant les performances de nos sportifs, de présenter leurs parcours de vie, et de susciter encore plus d’envie auprès des jeunes en situation de handicap à pratiquer une activité sportive ou simplement de ramener le sport dans leur vie parce que c’est un outil puissant pour se connaître, casser les préjugés sur le handicap et pour être socialement plus intégré

Personnellement, l’année 2020 sera-t-elle très importante pour vous en tant que présidente du comité paralympique, athlète en activité et jeune maman ?

M.-A. L.F. : «Oui, ce sera effectivement une grosse saison. Elle s’est engagée il y a trois mois avec la naissance de notre petite fille. Il y aura beaucoup d’enjeux pour réussir les Jeux paralympiques de Tokyo 2020, d’une part en tant qu’athlète, mais surtout en tant que présidente parce qu’on sait que ce sera un tremplin de lisibilité pour Paris 2024. Le travail auprès des spectateurs et des téléspectateurs commence même dès maintenant.»

© SportBusiness.Club Décembre 2019


Les sites de compétition des Jeux paralympiques de Paris 2024

  • Zone Paris centre :
    • Stade Tour Eiffel : foot à 5
    • Les Invalides : tir à l’arc
    • Arena Champs-de-Mars : tennis de table
    • Le Grand Palais : escrime, judo
    • Le Pont d’Iéna : marathon, triathlon, cyclisme sur route
    • Arena La Chapelle : badminton, taekwondo
    • Arena Bercy : basket-ball en fauteuil
    • Stade Pierre de Coubertin : goalball
    • Stade Roland-Garros: tennis en fauteuil, volley-ball assis
  • Zone Saint-Denis/Le Bourget
    • Stade Olympique : cérémonies et athlétisme
    • Centre aquatique 1 : natation
    • Centre aquatique 2 : boccia
    • Stand de tir : tir sportif
    • Arena Le Bourget : basket-ball en fauteuil, rugby en fauteuil
  • Stade nautique de Vaires-sur-Marne : aviron, canoë sprint
  • Vélodrome National de Saint-Quentin-en-Yvelines : cyclisme sur piste
  • Zenith Arena : haltérophilie
  • Château de Versailles : équitation (dressage)

Source : dossier de presse Paris 2024