Mesurer l’impact sociétal du sport

Le ROI n’est plus roi. «De plus en plus d’entreprises nous questionnent sur le ROO, c’est-à-dire le retour sur objectifs (“Return On Objective”), ce sont deux notions complémentaires qu’il ne faut pas opposer», explique Alexandra Fournier-Bidoz, Senior Consultante Sport-Business au sein de Deloitte, cabinet qui réalise de nombreuses études sur l’impact économique d’événements sportifs.

C’est justement la base de réflexion du think tank Sport et citoyenneté. La structure a imaginé et mis en place un outil capable d’évaluer l’impact sociétal du sport. «Pour beaucoup le sport reste une activité sympathique alors que c’est un véritable vivier de citoyenneté avec ses 3,5 millions de bénévoles, affirme Julian Jappert, directeur général du groupe de réflexion. Mais les dirigeants du monde sportif ont du mal à expliquer que leurs événements ont du sens.»

L’enjeu pour le mouvement sportif serait donc de valoriser concrètement et qualitativement les retombées sociales d’un événement ou plus généralement l’impact du développement d’une pratique auprès d’une population, une cible, un territoire ou une entreprise.

Un baromètre attendu aussi par les sponsors

Pour cela, Sport et citoyenneté s’est appuyé sur le laboratoire VIPS 2 de l’Université de Rennes. Cinq dimensions sociales pouvant être impactées par le sport ont été isolées : l’accès à la pratique, la cohésion sociale, la durabilité, c’est-à-dire l’influence sur l’emploi, la santé ou le développement durable, l’innovation vers les nouvelles pratiques et le développement de l’usage des infrastructures.

Les résultats de ces études de terrain, commandées par un organisateur, une institution publique ou une collectivité, feront des constats et donneront des pistes à suivre, comme par exemple dans la valorisation du travail réalisé par les bénévoles. «Dans le cadre de leur politique RSE les sponsors privés ont aussi beaucoup d’intérêt à mesurer concrètement l’impact social de leur engagement financier dans un événement», assure Julian Jappert. Aller au-delà des retombées économiques.

L’augmentation mesurée de la pratique sportive au sein d’un public donné ou le nombre d’emplois obtenus par des bénévoles après un événement, durant lequel ils ont acquis une expérience et bénéficié d’une formation, seraient des baromètres clairs et non contestables pour évaluer l’impact sociétal du sport et l’héritage laissé par une compétition. Cela tombe bien, l’héritage est l’un des ROO espérés par les dirigeants de Paris 2024.

© SportBusiness.Club. Janvier 2019