Suivez le guide, mais à vélo

La France à vélo, Nicolas Moreau-Delacquis en a fait son précepte. Le journaliste vient tout juste de publier Autour des plages du débarquement à vélo, un guide touristique 100% bicyclette. C’est le huitième “vélo-guide” édité par Ouest France signé par ce rédacteur à pédales qui réalise entre 10.000 et 15.000 kilomètres annuels… à vélo. Depuis sa première carte de presse il a additionné 320.000 bornes dans les mollets et visité 16 pays.

«Un guide propose un total de 600 à 850 kilomètres de randonnées, mais personnellement, je fais entre 2.000 et 2.500 kilomètres en reconnaissance, indique Nicolas Moreau-Delacquis. Je dois explorer tous les parcours possibles, estimer leurs difficultés, vérifier les revêtements, trouver des escapades touristiques.» Sans compter les hébergements, restaurants, gares et réparateurs de bicyclettes à dénicher. Chaque guide réclame deux ou trois mois sur le terrain, généralement à partir de mai, aux beaux jours.

En repérage, Nicolas Moreau-Delacquis, qui loue des VTC sur place, réalise entre 6.000 et 7.000 clichés et note tout méthodiquement, comme les kilométrages. «Ce sont des balises que je retranscris sur les cartes car nous empruntons généralement des voies cyclables non-répertoriées sur des GPS,» précise-t-il. Un mois de travail est nécessaire pour dessiner une carte originale répertoriant les parcours destinés à un public familial.

Une seule crevaison

En une dizaine d’années, le journaliste n’a crevé qu’une fois et a cassé seulement deux dérailleurs. En revanche, il a quelquefois galéré pour trouver des figurants susceptibles d’illustrer ses photos. «Je ne demande pas aux clubs de cyclo-sportifs car ils viennent en tenue cycliste ce que je souhaite éviter», confie Nicolas Moreau-Delacquis. Du coup, le journaliste a le choix entre attendre le passage d’un cycliste, et lui demander gentiment la permission de le prendre en photo, ou prendre un selfie avec la complicité du retardateur de son appareil photo.

Le journaliste-cycliste a fait le choix de louer les vélos sur place. Entre 5 à 10 sont nécessaires pour les repérages d’un guide réalisé en plusieurs allers-retours entre la Normandie, où il réside, et la région où il travaille. Cette fois, le trajet est réalisé en train. «Je préfère réserver les vélos à l’avance pour éviter de n’avoir plus que le choix dans des mini-vélo, ce qui m’est arrivé une fois, rigole-t-il. De même, je ne réserve que la première nuit d’hôtel, sauf si c’est une région très touristique où je risque de ne pas trouver de chambre.» C’est arrivé une fois, en Vendée. Nicolas Moreau-Delacquis a passé la nuit dans le sas d’une banque. Une adresse qui, curieusement, n’a pas été répertoriée dans son guide.

© SportBusiness.Club. Mars 2019.