Nouvelle gouvernance du sport : 2019 année de la transition.

La maison du sport français à Paris, siège du CNOSF.

Pas de précipitation. La nouvelle gouvernance du sport français avec à sa tête l’Agence nationale du sport sera mise en place progressivement en 2019. La nouvelle structure chargée de gérer et distribuer les subventions destinées au sport français, l’actuel travail du CNDS appelé à disparaître, est attendue pour le début du printemps avec comme président Jean Castex, délégué Interministériel aux Jeux Olympiques et Paralympiques.

Pour construire l’Agence, il pourra s’appuyer sur un “préfigurateur” qui sera ensuite le directeur général. Cette nomination peut intervenir d’ici la fin de l’année. C’est en tout cas le souhait de Denis Masseglia président du Comité national olympique et sportif français (CNOSF).

«2019 sera une année un peu compliquée avec la transition vers ce nouveau modèle de gouvernance, explique Denis Masseglia. L’objectif est d’être prêts pour 2020.» Concrètement, le CNOSF fera adopter le principe de l’Agence nationale du sport lors de son Assemblée générale du 28 mai 2019.

Accompagner les fédérations.

La nouvelle structure qui prendra la forme d’un GIP (groupement d’intérêt public) sera chargée de piloter le sport de haut niveau, d’un côté, et le développement de la pratique, de l’autre côté. Le premier pôle a été confié à Claude Onesta, l’ancien sélectionneur de l’équipe de France de handball et récent auteur d’un rapport sur l’amélioration du haut niveau.

Le second pôle, tourné vers les fédérations et le monde sportif associatif, est à monter de toutes pièces. Dans un premier temps, un cabinet désigné par le CNOSF va réaliser une étude par questionnaire auprès des 89 fédérations affiliées afin de lister les besoins et projets sur le terrain à moyen ou long terme. Le résultat est attendu le 21 janvier prochain.

«Nous allons ensuite établir un état des lieux, affirme Denis Masseglia. Plusieurs fédérations sont prêtes avec des projets en ordre de marche. D’autres ont besoin d’être accompagnées.» La dernière étape sera cet accompagnement de projets supportés désormais par la nouvelle Agence pour le sport qui financera les dossiers.

«Personnellement, je ne suis pas pressé pour construire quelque chose qui tienne debout, insiste Denis Masseglia. Cela fait 60 ans que rien n’avait bougé et on ne peut pas nous demander de tout changer en quelques mois. Nous construisons pour Paris 2024 mais surtout pour l’après Jeux olympiques.»

© SportBusiness.Club. Décembre 2018.


Quelle place pour le monde privé ?

L’Agence nationale du sport sera dirigée par un conseil où siégeront les représentants de l’Etat, notamment le Ministère des sports, du mouvement sportif français, dont les comités nationaux olympiques et paralympiques, et, enfin,des collectivités territoriales. Chaque partie aura une représentation de 30%. Les 10% restants sont réservés au «monde économique», c’est-à-dire les financeurs privés du sport en France, sponsors et fabricants. A ce titre, plusieurs structures peuvent prétendre à représenter cette partie : Sporsora, le Medef, L’Union Sport & Cycles, Cosmos ou Filière Sport, par exemple. Rien n’est encore défini, mais les discussions vont déjà bon train entre ces acteurs.