Objectif Paris 2024 : l’athlé se prend en main

Pamera, Alessia, Lesly, Corentin, Kenny, Baptiste… ce sont peut-être les champions de l’athlétisme français de demain. Agés de 16 et 17 ans, ces espoirs défendent les couleurs de la France aux Jeux olympiques de la jeunesse qui débutent ce vendredi 5 octobre à Buenos Aires en Argentine. Leur carrière pourrait les mener dans moins de six ans sur la piste du Stade de France pour les épreuves des jeux olympiques de Paris. C’est en tout cas le souhait de la Fédération française d’athlétisme (FFA) qui met en place son plan Athlé 2024.

«Il ne faut pas rêver, pour espérer décrocher les 80 médailles dont on parle en 2024, c’est maintenant que ça commence, insiste André Giraud, président de la FFA. Demain, ce sera trop tard. Le parcours d’un sportif professionnel est constitué de plusieurs périodes à franchir pour se préparer pour les JO. Dès septembre 2017, nous avons porté notre projet pour aller chercher des médailles en 2024.»

Un accord tripartite FFA, club et partenaire

Le principe est de placer cette “génération 2024” dans les meilleures dispositions possibles afin de préparer l’échéance olympique de Paris. Face à la baisse des subventions, la FFA a décidé de se tourner vers le secteur privé et les entreprises. «Un certain nombre de sociétés ont envie de s’associer aux Jeux de Paris 2024, mais les tickets d’entrée sont bien trop élevés, explique André Giraud. Nous leur proposons d’être quand même dans l’histoire via le parrainage d’un athlète.»

Concrètement, le jeune espoir profiterait d’un accord tripartite entre la FFA, son club et une entreprise. Chacun apporte son budget pour aider la préparation du sportif qui aurait le statut professionnel et bénéficierait d’un salaire, au niveau du Smic, versé par le club. Un accord d’image le lierait avec le partenaire. Le budget global de cette opération, pour l’ensemble des athlètes, s’élèverait à un million d’euros par an.

Des accords ont déjà été conclus entre des sociétés, notamment à Bordeaux, et ces jeunes champions. «Je vois des présidents d’entreprises tous les jours, confie André Giraud. Beaucoup sont séduits par l’idée et pourraient accompagner nos athlètes. L’accord concerne aussi la formation des sportifs qui, à la fin de leur carrière sportive, pourraient être employés par l’entreprise les soutenant» Maif, partenaire de la FFA, est associé au projet, comme Asics, l’équipementier de la fédération. de quoi permettre à Pamera ou Corentin de se concentrer que sur leurs objectifs de médailles.

© SportBusiness.Club. Octobre 2018


Un programme pour des athlètes citoyens

Avant de s’envoler pour l’Amérique Latine, Buenos-Aires et les Jeux olympiques de la jeunesse, les jeunes de l’équipe de France d’athlétisme ont eu droit à des séances de formation autour des médias et de la communication. Des journalistes et spécialistes leur ont expliqué les bonnes pratiques. «On a appris beaucoup de choses, car nous n’avons jamais été vraiment confrontés aux médias, notamment dans les zones mixtes, indique Martin Fraysse, 17 ans et spécialiste du 400 haies. On nous dit de rester nous-même, que l’on est pas obligé de répondre à toutes les questions, mais qu’il faut surtout toujours donner une bonne image.» La gestion des réseaux sociaux était aussi au programme : «On nous a conseillé d’avoir deux comptes, l’un la partie athlète et compétition, l’autre privé pour la famille et les amis», rapporte, Brian Mucret, 16 ans, sauteur en longueur. «Nous allons leur proposer des thèmes très différents, mais pouvant leur être utiles dans leur carrière sportive, comme autour de l’assurance avec la Maif, indique André Giraud, président de la FFA. Notre but est d’en faire aussi des sportifs citoyens


Jeunes, mais déjà sous contrat

Agés de 16 et 17 ans, ces jeunes athlètes qui défendront les couleurs de la France aux Jeux olympiques de la jeunesse à Buenos-Aires, ont déjà un pied dans le système. Ces espoirs savent parfaitement qu’en équipe de France ils doivent porter la tenue Asics, fournisseur de la fédération, et que lors des défilés et cérémonies officielles en Argentine, ce sera en Lacoste qu’ils devront se présenter, l’habilleur du comité olympique français. Ces adolescents sont pour la plupart déjà sous contrat avec un équipementier. Peu avec Asics, beaucoup avec Nike et Adidas et certains avec Under Armour. La marque, qui cherche à dénicher le champion de demain, serait très présente auprès de ces jeunes espoirs.