«On a mis un drapeau français sur la carte du golf mondial»

Christophe Muniesa, Directeur technique national de la Fédération française de golf, revient sur la Ryder Cup qui s’est conclue dimanche au Golf National de Guyancourt. Selon lui, le golf a montré un autre visage, plus simple et populaire.

Quel bilan dressez-vous de cette Ryder Cup en France ?

Christophe Muniesa : «En dehors d’un incident lors de la première journée de compétition, où une spectatrice s’est pris en balle dans l’oeil, et on espère que cela va bien aller pour elle, toute l’organisation s’est extrêmement bien passée. Le Golf National qui avait été construit dans les années 90 pour accueillir ce type d’événement a répondu présent. L’expérience spectateurs a été unique. J’ai vécu un certain nombre de Ryder Cup, et je n’ai pas vu d’équivalent pour suivre les parties avec ces buttes naturelles. Nous avons pu accueillir dimanche 55 000 spectateurs, alors que la jauge pour les autres Ryder Cup en Europe était de 35 à 40 000 spectateurs. Le public a été massif et les retours sont ultra-positifs».

Cela répond aux objectifs de la Fédération française ?

C.M.: «Pour le pays hôte, c’est une grande satisfaction d’avoir répondu de la sorte, sans couac, évidemment. Toutefois, au-delà de ça, ce fut un véritable enthousiasme. Depuis le début, l’objectif était de mettre un drapeau français sur la carte du golf mondial. On peut considérer que la France a atteint cet objectif.»

Il fallait également mieux exposer le golf en France.

C.M.: «Avec plus de mille médias accrédités pour parler de la Ryder Cup en France, il n’y a pas d’équivalent dans l’histoire française de la discipline. Je liste : exposition médiatique, succès d’estime, enthousiasme… Et puis il y a la magie de la Ryder Cup, c’est-à-dire la capacité de montrer le golf de manière populaire, simple à comprendre, avec l’opposition entre deux équipes, deux continents, où l’on marque des points et où l’on parle un peu moins de birdies, de moins douze et de formules compliquées. Là, c’est basique, assez simple à comprendre et c’est, je crois, ce qui fait la magie car c’est compris de tous, des golfeurs et des non-golfeurs. Cela explique qu’il ait eu un véritable engouement des médias français autour de cette compétition.»

Toutefois, la Ryder Cup n’apparaissait pas dimanche en France parmi les premiers événements commentés sur Twitter. C’est une déception ?.

C.M.: «C’est vrai que c’est frappant. On voit bien qu’en France on a un mal infini à émerger. Cependant, indéniablement la Ryder Cup est l’événement qui nous permis d’atteindre notre plus haut niveau médiatique. Maintenant, nous sommes très conscients qu’il reste encore des efforts à faire. En France, le golf est l’un des sports qui compte, c’est l’un des plus pratiqués, mais c’est vrai aussi que nous ne sommes pas encore au niveau du football, du tennis ou du cyclisme. Il y a désormais une marque Ryder Cup qui restera dans l’histoire du sport français. Il faut que l’on continue à faire progresser cette discipline. Le prochain objectif en terme d’événement sont les jeux Olympiques et pour la fédération il s’agira de tout mettre en oeuvre pour que la France se dote d’un champion capable d’aller chercher une médaille en 2024.»

© SportBusiness.Club. Octobre 2018