Paris 2024 attaque les fondations

Jeudi 18 janvier sera officiellement lancé le Comité d’organisation des Jeux olympiques de Paris 2024, le Cojo, un acronyme qui va souvent revenir dans les conservations ces six prochaines années. Cette naissance, dont le faire-part [les statuts de l’association] sera publié d’ici deux ou trois jours dans le Journal Officiel (voir ajout plus bas), enterrera le Comité de candidature. Ces événements, symboliques, seront célébrés au siège parisien du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), là même où le projet olympique avait pris forme il y a près de trois ans.

La création du Cojo signifie la mise en oeuvre des chantiers de Paris 2024. Dans un premier temps il ne s’agira que d’affaires administratives. On parlera argent, bien-sûr. Ainsi, dès jeudi, sera décidé la clé de répartition du boni de 4 millions d’euros du budget de candidature. Il était prévu de le distribuer à parts égales entre l’Etat, la Région Ile-de-France et la Ville de Paris, mais le mouvement sportif français aimerait en profiter aussi un peu.

Mise en place des comités de surveillance

L’étape suivante sera l’installation des trois comités chargés de surveiller l’activité de l’association : le comité des rémunérations, celui d’éthique et celui d’audit. Concrètement, les choses sérieuses débuteront fin février, après les Jeux d’hiver de Pyeongchang. La priorité sera aux recrutements des cadres. Tony Estanguet, président du Cojo, aura nommé Etienne Thobois, directeur général. Charge à lui de choisir un directeur (ou directrice) administratif et financier et un directeur des ressources humaines. Les annonces sont déjà publiées, ainsi que celles pour la direction des relations internationales et d’un assistant de direction qui «disposera du plus haut niveau d’intégrité et de discrétion».

Au printemps, aidé par des cabinets de recrutement actuellement en cours de sélection, le Cojo procédera aux choix de patrons de services : partenariats, communication, marketing, commercial, affaires publiques… Quelques anciens pensionnaires du comité de candidature seront prolongés dans leurs missions. C’est le cas de Jean-Philippe Gatien, directeur des sports.

Une nouvelle vague de recrutement est programmée à la rentrée 2018 avec la constitution des premières équipes. A la fin de l’année, le Cojo comptera déjà environ 70 personnes. Un chiffre qui doublera en 2019 et doublera encore en 2020. Cette année là, après les Jeux d’été de Tokyo, Paris 2024 passera dans une phase opérationnelle stratégique. A partir de ce moment les effectifs grossiront telle une grenouille pour atteindre environ 2000 personnes quelques mois avant l’échéance olympique : chaque semaine une quarantaine de collaborateurs rejoindront l’aventure.

Ecriture du Marketing Plan Agreement

L’autre chantier du Cojo cette année est l’écriture du Marketing Plan Agreement, un pavé qui doit détailler la stratégie marketing de Paris 2024. Le document, signé par le CIO, précisera exactement les droits, obligations, territoires d’expression… et coûts des sponsors nationaux. Tokyo 2020 avait signé le sien en novembre 2014, moins de six ans avant les Jeux. Paris 2024, qui table sur 1 milliard d’euros de recettes, devrait boucler ce travail dans le même délais, à l’automne prochain. L’enjeu est de pouvoir rapidement prospecter les marques car les sponsors pourront activer leur partenariat dès le 1er janvier 2019.

Enfin, dès 2018, le Cojo Paris 2024 commencera à rendre des comptes au Comité international olympique. Fin mars ou début avril, se tiendra une “revue de projet” avec le CIO et le comité international paralympique (IPC). Ce type de réunion de travail sera organisé deux fois par an. Par ailleurs, les 18 et 19 juin, sera accueillie la commission de coordination emmenée par le Belge Pierre-Olivier Beckers. Ce rendez-vous est important car il se conclura sur la validation du concept des Jeux de Paris et surtout des sites d’organisation. C’est ici que le choix du Château de Versailles pour les épreuves équestres sera confirmé, ou pas.


Quelle gouvernance ?

Le Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 sera une association de loi 1901 dirigée par un Bureau composé de 11 membres :

  • Tony Estanguet, président du Cojo
  • Bernard Lapasset, président d’honneur du Cojo
  • Guy Drut, membre français du CIO
  • Jean-Christophe Rolland, membre français du CIO
  • Denis Masseglia, président du CNOSF
  • Emmanuelle Assmann, présidente du CPSF
  • Laura Flessel, Ministre des Sports
  • Anne Hidalgo, Maire de Paris
  • Valérie Pécresse, présidente de la Région Ile-de-France
  • Stéphane Troussel, président du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis
  • Patrick Ollier, président du Grand Paris

Quel budget exactement ?

A la présentation du projet de candidature, le budget de Paris 2024 s’élevait à 6,3 milliards d’euros : 3,3 milliards pour l’organisation, et 3 autres milliards pour les infrastructures. Depuis, ce montant a été revu un peu à la hausse, et en septembre 2017, lors de la désignation de Paris, le budget présenté était de 6,6 milliards d’euros. Une augmentation liée à la partie organisation. Très officiellement le Cojo évoque maintenant un budget de 6,8 milliards d’euros. Mais il ne s’agit pas d’une hausse, juste de l’estimation de ce même budget en euros courant à l’échéance olympique. En juin 2017, le budget dédié aux infrastructures et géré par la Solideo, pourra aussi un peu évoluer suite aux choix quasi définitifs des sites (lire plus haut).


Quelle adresse ?

Le choix est acté : le Cojo Paris 2024 installera son siège en Seine Saint-Denis. Mais ce ne sera pas avant 2020, au mieux. En effet, le choix du site n’est pas encore fait car il s’agit, avant cela, de définir les besoins en termes d’espaces. Par ailleurs, les dirigeants de Paris 2024 sont également soucieux de l’utilisation future de ces locaux, qui ne devraient pas être très éloignés du Stade de France à Saint-Denis, futur Stade olympique. En attendant, le nouveau Comité d’organisation Paris 2024 va s’installer dans les bureaux… du Comité de candidature Paris 2024, boulevard Haussmann, à Paris et à quelques pas de la gare Saint-Lazare. Les occupants actuels ont déjà été rejoints par les collaborateurs de la Solideo. Un accord pour récupérer d’autres bureaux dans le même immeuble permettra aux deux structures de croître en attendant l’installation dans leur siège définitif.

Mises à jour. Le Parisien du jeudi 18 janvier indique que le Cojo pourrait s’installer à Aubervilliers, en Seine Saint-Denis, sur le site dit « Total » qui a été candidat pour recevoir la piscine olympique, avant que le choix de Saint-Denis soit acté pour cet équipement. Le siège du Cojo se trouverait ainsi à quelques mètres du Stade de France. Le terrain reste toutefois à dépolluer.


Ajout

Tony Estanguet : «Le marketing est un dossier prioritaire»

Jeudi 18 janvier, lors d’un point presse organisé à l’issue de la réunion ayant actée la création du COJO Paris 2024 au Comité national olympique et sportif français, Tony Estanguet, président des Jeux olympiques de 2024, a donné des précisions sur plusieurs points.

La constitution du COJO : «C’est la fin d’un cycle et le début d’une nouvelle aventure avec des échéances qui arrivent déjà très vite. Je reste bluffé, car ce projet va nous emmener dans quelque-chose d’incroyable. J’ai beaucoup de chance d’être associé à un projet positif et fédérateur. Il y a beaucoup de choses à faire».

L’équipe du Cojo : «La priorité aujourd’hui est au recrutement des équipes. C’est un travail lourd et passionnant. Ces tout prochains jours nous allons choisir les directeurs des postes clés. Nous serons très vite une vingtaine de personnes. Quelques collaborateurs du comité de candidature sont confirmés : Jean-Philippe Gatien à la direction des sports, Marie Barsacq, à l’héritage, Anthony Piqueras, à la direction technique. Après, leur mission sera de constituer leurs équipes. Pour tous ces recrutements, nous nous appuierons sur un cabinet qui sera choisi la semaine prochaine

L’agenda : «Nous devons aussi nous attaquer au chantier de la vision et à l’installation des trois comités prévus : ils permettront la mise en place, dès le départ, des bonnes pratiques.»

Le futur siège du COJO : «Nous n’avons pas encore fixé le lieu, mais il y a a une volonté forte de s’implanter en Seine Saint-Denis. Pour l’heure, nous restons dans nos actuels locaux où nous avons signé un nouveau bail de trois ans. Nous ne déménagerons pas avant Tokyo 2020».

Les sites olympiques : «On y travaille. L’objectif est d’y voir plus clair en juin prochain [visite de la commission du CIO]. Ces choix seront alors définitifs. Nous allons procéder à une revue totale avec des chiffrages précis. Il faudra notamment intégrer le basket 3×3. Je ne m’attends pas à des changements majeurs, même pour Versailles. Je veux que l’on reste dans ce qui a été proposé dans le dossier de candidature.»

Le marketing : «C’est un dossier prioritaire. Je vais rencontrer les patrons des entreprises qui nous ont accompagné lors de la phase de candidature. La plupart a manifesté un intérêt pour poursuivre avec nous. Le marketing est un vrai défi, car l’objectif est de sécuriser les recettes du COJO. Je suis très conscient de cette priorité. Nous avons besoin d’accompagner ces entreprises. Nous avons aussi besoin d’affiner les droits qui nous ont été octroyés par le CIO. Ce n’est pas facile à maîtriser. Il va y avoir plusieurs ateliers pour finaliser cela. Nous allons déjà travaillé sur le sujet avec le CIO à Pyeongchang. Il s’agit de préciser quels sont nos droits et comment nous pouvons les optimiser. L’objectif est d’ouvrir la vente dès le second semestre 2018 et d’avoir vendu quelques droits au 1er janvier 2019.»


Ajout

Publication au Journal officiel

La création du Cojo, officiellement dénommé Paris 2024 Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques, est actée avec la publication de l’objet de l’association au Journal officiel de samedi 20 janvier 2018.

Publication au Journal Officiel du Cojo Paris 2024

 

Association : PARIS 2024 COMITE D’ORGANISATION DES JEUX OLYMPIQUES ET PARALYMPIQUES (COJO)
Identification R.N.A. : W751002024

No de parution : 20180003
Département (Région) : Paris (Île-de-France)

Lieu parution : Déclaration à la préfecture de police.
Type d’annonce : ASSOCIATION/CREATION

Déclaration à la préfecture de police. PARIS 2024 COMITE D’ORGANISATION DES JEUX OLYMPIQUES ET PARALYMPIQUES (COJO).

Objet : l’association est notamment chargée, en vue de la réalisation de son objet, dans le respect du contrat de ville hôte,

  • de planifier, organiser, financer et livrer les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, ainsi que les événements associés ;
  • de promouvoir les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 en France et à l’international ; de conceptualiser, développer et commercialiser tous produits et services liés aux Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 ;
  • d’étudier et exploiter toutes créations immatérielles, notamment tous brevets, inventions, dessins et modèles, et ou marques relatifs aux Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 délivrés à l’association ou dont elle est ou deviendra titulaire à un titre quelconque, ainsi que tous certificats d’addition relatifs à tous perfectionnements des inventions précitées et toutes licences de brevets, de brevets, dessins et modèles et ou marques venant à lui être concédés à un titre quelconque et, plus généralement, tout droit immatériel ;
  • de protéger les marques olympiques et paralympiques en application du contrat de ville hôte ; de participer aux actions visant à assurer la durabilité des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 ; de contribuer à maximiser l’impact positif et l’héritage des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 ; de mener des actions de promotion et de développement du sport et du mouvement Olympique et Paralympique en France et à l’international dans le cadre des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 et en lien avec le Comité national olympique et sportif français et le Comité paralympique et sportif français (CPSF) ;
  • aux fins ci-dessus, l’association peut accomplir tous actes et toutes opérations de quelque nature ou importance que ce soit, dès lors qu’ils concourent ou peuvent concourir à la bonne réalisation de cet objet ;
  • elle peut notamment procéder à des acquisitions, échanges et aliénations de biens immobiliers ainsi qu’à la constitution d’hypothèques.

Siège social : 96, boulevard Haussmann, 75008 Paris. Date de la déclaration : 22 décembre 2017.

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