Paris 2024 : glisse, parité et jeunesse

Red Bull BC One 2018 World Final à Zürich, Suisse

Et les heureux élus sont… le surf, l’escalade, le skateboard et le breakdance. C’est ce quatuor de disciplines que le Comité d’organisation des Jeux olympiques (COJO) de Paris 2024 présentera comme disciplines additionnelles aux membres du Comité international olympique (CIO). Les trois premiers seront déjà présents dans moins de deux ans aux Jeux de Tokyo. Pour le breakdance, il s’agira d’une première. La discipline a été découverte par le monde olympique à l’automne dernier lors des Jeux olympiques de la jeunesse à Buenos-Aires. Elle a donc tapé dans l’oeil des dirigeants de Paris 2024.

«Ces choix répondent à trois principes, explique Tony Estanguet, président du COJO). D’une part, il fallait que ces sports entrent dans le cadre défini par le CIO, c’est-à-dire qu’ils doivent mobiliser un nombre limité d’athlètes et qu’ils ne nécessitent pas de construction de nouveaux sites pérennes.» Pour le patron de Paris 2024, les disciplines additionnelles proposées seront aussi forcément connectées à leur époque, aux nouvelles générations avec des sports très présents sur les réseaux sociaux.

Parité totale

«Enfin, ces sports doivent refléter notre ambition, celle d’avoir des épreuves spectaculaires, de valoriser des sports accessibles à tous, de faire sortir les sports des stades, de mettre en avant la créativité et placer des passerelles entre sport et culture,» précise Tony Estanguet. Pour Paris 2024 le surf, l’escalade, le skateboard et le breakdance cochent les cases. Ils sont tous très populaires auprès des moins de 20 ans et peuvent être qualifiés soit d’urbain, soit de glisse, ou des deux critères.

Ce quatuor représentera douze nouvelles épreuves et un total de 248 athlètes : autant de femmes que d’hommes. Une parité que le le COJO de Paris 2024 souhaiterais obtenir pour l’ensemble des athlètes, toutes disciplines confondues. Un challenge. Le surf, l’escalade, le skateboard et le breakdance devront s’intégrer dans le quota maximum de 10.500 athlètes voulu par la Charte Olympique. Ce sera au CIO de négocier avec les fédérations internationales olympiques pour qu’elles allègent leurs programmes et faire ainsi un peu de place : 248 donc au total.

La liste de souhait de Paris 2024 sera soumise aux membres du CIO. Ils en discuteront lors d’une commission exécutive les 26 et 27 mars, puis procéderont à un vote lors d’une session les 24 et 25 juillet. A cette date la liste devra être validée : un ou plusieurs sports pourraient être retoqués, ou pas. Les autres, non-retenus, sont définitivement abandonnés. Paris 2024 procédera ensuite aux choix des sites en attendant décembre 2020 et l’approbation définitive du programme des Jeux de Paris. (mise à jour le 22 février 2019).

© SportBusiness.Club. Février 2019


Pourquoi ces quatre sports ?

Lors d’un point presse qui s’est déroulé à la Paris La Défense Arena de Nanterre, où se disputeront les épreuves de gymnastique des Jeux, les dirigeants de Paris 2024 ont expliqué les raisons du choix du surf, de l’escalade, du skateboard et du breakdance comme sports additionnels potentiels.

Le surf

Jean-Philippe Gatien (Directeur des sports Paris 2024) : «Le surf existe depuis plus de 200 ans. Aujourd’hui, c’est une discipline en plein boom avec 35 millions de pratiquants répartis sur tous les continents. Partout où il y a des vagues, il y a du surf. Pourtant, le surf aux Jeux c’est tout neuf. Tokyo 2020 aura l’honneur d’organiser la première compétition de surf olympique de l’histoire. Avec Paris 2024, nous serions très heureux de poursuivre cette dynamique parce que le surf correspond parfaitement à notre vision pour ces Jeux, qui seront spectaculaires et créatifs. Nous proposons le shortboard où les compétiteurs sont jugés sur des figures : plus elles seront difficiles, originales et bien exécutées, meilleures seront les notes. Notre vision c’est aussi parler aux nouvelles générations. Avec 40% des surfeurs mondiaux âgés de moins de 24 ans, le surf c’est l’un des moyens de rapprocher les Jeux de ceux qui sont jeunes, ou de ceux qui se sentent jeunes. Le surf c’est aussi un rapport particulier à la nature et un mode de vie qui correspond parfaitement aux aspirations des nouvelles générations. Tony Estanguet souhaite des Jeux pour tous les Français et qui profitent au plus grand nombre. Faire du surf un sport invité de Paris 2024 ce serait une formidable opportunité de valoriser le patrimoine naturel français et d’ouvrir l’expérience olympique à de nouveaux territoires. Le surf en 2024 serait aussi une occasion de mélanger sport, musique et lifestyle pendant les épreuves. Célébration et engagement, le surf sera l’incarnation de nos ambitions

Discipline retenue : shortboard.
Nombre d’athlètes : 48 soit 24 hommes et 24 femmes.
Site possible : côte Atlantique.

Le skateboard

Aurélie Merle (Directrice associée aux sports de Paris 2024) : «Le skate est un sport très populaire, notamment chez les jeunes. Qui ne s’est pas essayé au skate durant sa jeunesse avec plus ou moins de succès ? Plus de 30 millions de personnes font du skate dans le monde au moins une fois par semaine. Parmi eux, près de la moitié a moins de 17 ans. Le skateboard est un sport ultra-accessible qui ne demande presque aucun équipement et peut se pratiquer n’importe où. C’est un atout important pour nous qui souhaitons encourager la pratique sportive du plus grand nombre. Le troisième argument est que le skateboard est un sport lifestyle par excellence. C’est plus que du sport car le skateboard est aussi un moyen de transport et une culture urbaine. La communauté des skateurs a d’ailleurs des représentants emblématiques, comme Tony Hawk qui réunit plus de 4 millions de followers sur les réseaux sociaux. Il est loin d’être le seul. Ces ambassadeurs vont nous aider à rapprocher les Jeux de nouveaux publics au sein de communautés ultra-connectées. Les meilleures skateboardeurs du monde pourraient s’affronter dans deux disciplines populaires et spectaculaires : le street où les athlètes doivent faire des figures sur un site réunissant des décors urbains comme des escaliers ou des rampes ; le parc où les athlètes skatent dans des “bowls” qui leur permettent de prendre de la vitesse et d’effectuer des figures de quatre mètres de haut. Dans les deux cas les compétitions sont extrêmement spectaculaires et récompensent style, technique et créativité. Le skateboard pourrait également facilement s’intégrer dans un site partagé avec d’autres épreuves urbaines au programme des Jeux. Cette compétition offrira aux spectateurs du monde entier une célébration inoubliable à la fois des sports mais aussi de la culture urbaine.»

Disciplines retenues : street et parc.
Nombre d’athlètes : 96 soit 48 hommes et 48 femmes.
Site possible : Paris intra-muros, extérieur.

L’escalade.

Jean-Philippe Gatien : «L’escalade est aussi un sport très spectaculaire et visuel. Très populaire avec 25 millions de pratiquants dans 150 pays, il est en pleine croissance, notamment auprès des nouvelles générations avec 40% des adeptes de moins de 18 ans, et presque autant de femmes que d’hommes : 40% de pratiquantes en France. L’escalade fera son entrée olympique en 2020, mais le programme en 2024 serait un tout petit peu différent et enrichi par rapport à celui de Tokyo avec deux disciplines distinctes aussi spectaculaires que complémentaires. La première, la vitesse, est une épreuve contre-la-montre : les meilleurs athlètes grimpent un mur de 15 mètres en moins de 6 secondes pour les hommes, 8 secondes pour les femmes, deux concurrents s’affrontent dans un duel à élimination directe. Cela donne des images exceptionnelles et une tension à couper le souffle. La seconde discipline est un combiné bloc-difficultés : le bloc consiste à escalader des structures de 4,5 mètres sans corde de sécurité, et la difficulté est l’escalade d’un mur de 15 mètres. C’est un véritable jeu d’échec physique mêlant stratégie, dextérité et endurance

Disciplines retenues : vitesse et bloc-difficultés.
Nombre d’athlètes : 72 soit 36 hommes et 36 femmes.
Site possible : sans doute une structure couverte.

Le breakdance.

Aurélie Merle : «Ce sport s’est imposé à nous comme un choix logique et évident en pleine cohérence avec notre projet et notre vision de Paris 2024. L’atout numéro : c’est un sport qui parle à la jeunesse du monde entier qui réunit 30 millions de pratiquants dont un million France ce qui en fait la deuxième nation mondiale derrière les Etats-Unis. L’autre atout du breakdance est c’est aussi un sport acrobatique, hyper spectaculaire avec un format de compétition qui change complètement de tout ce que vous avez vu aux Jeux : deux athlètes s’affrontent lors de battles, un danseur performe avant que son adversaire ne lui réponde dans la foulée. C’est innovant et rempli de suspense. Le breakdance opère aussi une vraie fusion entre le sport et la culture : sans DJ il n’y pas de battle. Il est un acteur clé de la compétition? Les athlètes ne connaissent pas par avance la musique qui sera jouée et ils doivent donc démontrer des qualités étonnantes d’adaptation et d’improvisation. Les athlètes sont appelés B-Boys et B-Girls et le monde olympique les a découvert aux Jeux olympiques de la jeunesse à Buenos Aires. En plus d’avoir été un énorme succès populaire on a vu que c’était un sport qui s’intégrait très bien dans un partage de site : en Argentine c’était avec le basket-ball 3×3. Le breakdance est un sport qui peut sembler un peu cool, mais il réclame une discipline et une rigueur hors du commun. C’est un des sports les plus accessibles au monde qui peut se pratiquer partout. Il possède une communauté forte, mobilisée dans le monde entier et qui rêve des Jeux.»

Discipline retenue : battle.
Nombre d’athlètes : 32 soit 16 hommes et 16 femmes.
Site possible : Paris sans doute en intérieur.

2 Rétroliens / Pings

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