Paris 2024 lance déjà ses chantiers

Jeux Olympiques

Dans sept ans, Paris organisera les Jeux olympiques ! Les anneaux, dévoilés mercredi 13 septembre au Trocadéro pour fêter la désignation officielle de la Capitale par le Comité international Olympique, sont le témoignage officiel de cette importante échéance. D’ici le le 2 août 2024, date de la cérémonie d’ouverture au Stade de France, l’agenda sera chargé pour les organisateurs.

Premier chantier : la mise en place du Comité d’Organisation des Jeux olympiques. Autrement baptisé le COJO, ce sera une association. Cette structure succédera rapidement au comité de candidature. Ce dernier sera d’ailleurs vite dissous. Les contrats des actuels collaborateurs arrivent à échéance par vagues d’ici fin 2017. Dans le contrat de ville hôte, signé par Thomas Bach, le président du CIO, et Anne Hidalgo, la Maire de Paris, il est indiqué que le COJO devra mettre en place le COJO dans les cinq mois. Il pourrait symboliquement démarrer le 1er janvier 2017.

Une structure pour suivre les délais de construction

Deuxième chantier : la création des structures entourant l’organisation des Jeux Olympiques. Il y en aura deux. La première, Solideo, est déjà en place. Cette société sera chargée de “livrer” les Jeux, en clair garantir les délais de construction des nouveaux bâtiments. Solideo sera présidée par Anne Hidalgo. Parallèlement, une autre association sera mise en place pour superviser les opérations “héritages” des Jeux, notamment d’un point de vue sociétal. Elle aussi est déjà au travail.

Troisième chantier : la recherche de sponsors nationaux. En plus du chèque versé par le CIO, environ 1,4 milliard d’euros, le COJO devra aller chercher des partenaires nationaux : objectif 1 milliard d’euros de recettes. «Londres 2012 avait généré plus et Tokyo 2020 est déjà à plus de 2 milliards», précise-t-on chez Paris 2024.

Ni Renault ni Peugeot à Paris.

Toutes les entreprises ne pourront pas s’associer aux Jeux de Paris. Plusieurs secteurs sont déjà préemptés par les sponsors mondiaux olympiques, comme Coca-Cola (boisson), Samsung (électronique) ou Atos (technologie de l’information), le seul français à ce niveau. De même, Renault ou Peugeot ne pourront pas équiper leurs J.O. nationaux : la place est déjà prise par Toyota. Pour les autres, le coût d’un partenariat olympique pourrait varier de 10 euros à 100 millions d’euros ! Ce sera évidemment compte-tenu des niveaux d’activation, qui ne débuteront qu’à compter de janvier 2019, et ce jusqu’à fin 2024.

Quatrième chantier : la gestion des hommes. Ce ne sera pas forcément le dossier le plus facile. Il est prévu que Tony Estanguet, actuel co-président de Paris 2024, prenne la présidence du COJO. Son actuel binôme, Bernard Lapasset, deviendra président d’honneur. Etienne Thobois, actuel directeur général du comité de candidature, poursuivrait à ce poste. A moins que la Mairie de Paris n’impose un autre nom ! Jean-Claude Blanc, actuel DG du Paris Saint-Germain est cité. L’ancien dirigeant des Jeux d’Albertville de 1992 serait ravi… si la rémunération suit ! La Maire de Paris, Anne Hidalgo, aimerait bien reprendre la main. Les J.O. de Paris s’offrent à elle comme un tremplin politique vers des destinées non plus olympiques mais présidentielles.


Et si le budget de Paris 2024 explosait ?

Doté d’un montant global de 6,6 milliards d’euros, le budget des Jeux de Paris 2024 se décompose en deux parts quasi égales. L’une, environ 3,4 milliards, est vouée à l’organisation des Jeux. Elle est entièrement financée par les recettes marketing, les droits audiovisuels et la billetterie venant du CIO ou du COJO. La seconde, un peu plus de 3 milliards, concerne les infrastructures à construire. La moitié, 1,5 milliard, est versée par les collectivités, dont l’Etat. L’autre moitié est financée par des fonds privés, notamment via des accords de PPP (Partenariat Public Privé) comme pour le Village olympique dont la construction est estimée à 1,7 milliard d’euros. «95% des structures de compétition existent, insiste-t-on à Paris 2024. Le risque des dépassement est plus lié aux chantiers à réaliser, et nous en avons beaucoup moins qu’à Londres en 2012. Le reste, ce sont des coûts fixes maîtrisés». Le COJO disposera quand même d’une enveloppe de 450 millions d’euros, une réserve pour, justement, palier à des hausses de coûts.