Paris 2024 : Les Français veulent y participer.

© ASO/A.Vialatte

Courir le marathon olympique ? Ce rêve pour certains peut devenir une réalité dans moins de 6 ans à l’occasion des Jeux de Paris 2024. C’est en tout cas le souhait des dirigeants du COJO (Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques) et de son président Tony Estanguet : «La 33e olympiade sera celle où les spectateurs passeront de la tribune au stade, déclarait le triple champion olympique de canoë jeudi 21 février. A Paris, ils vivront l’expérience

Plusieurs épreuves des Jeux de Paris 2024 pourraient s’ouvrir plus ou moins au grand-public, pas seulement le marathon. Pour cette course ce serait en réel, sur le tracé officiel, mais certainement pas en même temps que les champions. Un départ séparé, quelques heures après la course officielle, est la solution envisagée. Autre possibilité : des épreuves virtuelles en parallèle des réelles. Ce pourrait être le cas en voile où existent déjà des applications comme Virtual Regatta permettant à tout un chacun de se mesurer aux vrais skippers… mais depuis sa maison, via l’ordinateur ou un smartphone.

Un plébiscite auprès des jeunes

«Ces projets recueillent un grand succès», observe Agnès Balle, directrice de clientèle Opinion et Stratégie d’entreprise chez Ifop. L’institut d’étude a réalisé un sondage pour Paris 2024 à propos de ces initiatives. «Le résultat est que l’adhésion est assez massive et chez les jeunes c’est même un plébiscite avec un taux de 85% : c’est énorme, poursuit-elle. Je note que les avis positifs sont assez transverses, selon les tranches d’âges ou les catégories professionnelles

Le plus surprenant seraient les avis très positifs. «Un taux de 33% chez les jeunes pour qualifier les propositions de Paris 2024 comme « une très bonne chose » sont des chiffres très élevés, alors que la tendance dans les enquêtes va plutôt vers les notes intermédiaires, assure Agnés Balle. Cela montre que Paris 2024 est dans l’air du temps, celui de faire participer les Français aux événements. Le COJO répond à ces attentes.» Dans cette enquête, les seules différences sont observées entre les résultats de la région parisienne et ceux de province où les Français se sentent peut-être un peu moins concernés. A Paris 2024 de leur démontrer qu’eux aussi, même à plusieurs centaines kilomètres des sites de compétition, pourront aussi des acteurs des Jeux olympiques.

© SportBusiness.Club. Février 2019.


Paris 2024 : à quelles compétitions pourrions-nous participer ?

Le programme officiel des jeux olympiques de Paris 2024 ne sera pas scellé avant décembre 2020. Après cela, il faudra attendre encore plusieurs mois avant de connaître les épreuves auxquelles pourraient participer le grand-public. Voici déjà quelques exemples possibles.

Le marathon. Une course populaire serait organisée sur le même tracée que celui emprunté par les athlètes olympiques, mais pas en même temps. Au mieux, le départ serait donné plusieurs minutes, voir deux heures, après celui des champions. L’arrivée possible sur le stade olympique, le Stade de France à Saint-Denis, serait alors grandiose pour les heureux arrivants. La Fédération française d’athlétisme envisage un principe identique pour le semi-marathon des championnats d’Europe 2020 qui se disputeront à Paris. Ce pourrait être un test grandeur nature pour le COJO.

L’épreuve cycliste sur route. Là encore, le projet serait d’ouvrir le parcours olympique de la course olympique sur route au grand public. Cela a déjà été réalisé par Amaury Sport Organisation lors de la dernière étape du Tour de France sur les Champs-Elysées. Toutefois, il n’était pas question d’une course chronométrée mais d’une randonnée bon enfant. Pour les Jeux olympiques, ce type d’événement sera difficile à mettre en place le jour de la course officielle, mais pourquoi pas quelques jours avant.

La voile. Envoyer des milliers de bateaux sur le même plan d’eau que les navigateurs des épreuves olympiques à Marseille aurait peu d’intérêt et pourrait même être dangereux. En revanche, Paris 2024 s’intéresse à un épreuve virtuelle en parallèle, comme cela existe lors des grandes courses au large grâce à l’application Virtual Regatta. Des skippers en herbe peuvent naviguer sur leur bateau de leur salon via un ordinateur ou une tablette numérique dans les mêmes conditions de course que les vrais skippers qui eux affrontent les éléments en réel. Ce format serait idéal pour la course au large de deux jours qui sera au programme des Jeux de Paris 2024.

L’aviron. Les rameurs connectés apparaissent comme d’excellents supports pour disputer virtuellement une course olympique et se comparer aux vrais athlètes sans risquer de se mouiller ou tomber à l’eau. Cette situation est possible également en cyclisme avec des systèmes comme celui développé par Tacx : un home-trainer connecté permet de se voir sur un écran défiler un parcours modélisé dont le relief est reproduit virtuellement via un système freinant, ou pas, la roue arrière notamment quand la route s’élève. Les salles de sports et de fitness, capables d’acquérir ce type de matériel, apparaissent comme des lieux idéaux pour cette pratique.

L’athlétisme. Différentes applications permettent l’organisation de courses virtuelles entre plusieurs dizaines de milliers de personnes n’importe où sur la planète. Munis de leur smartphone, les runners parcourent comme les vrais athlètes une distance réelle, un 10 kilomètres par exemple. Le GPS du téléphone calcule la distance et le temps qui permettra à l’athlète amateur d’être classé.

La boxe. Un casque de réalité virtuelle sur les yeux et des manettes gyroscopiques analysant les mouvements dans les mains, chacun pourra participer à un tournoi de boxe virtuel et mondial. L’adversaire se trouvera à des milliers de kilomètres ou dans le box voisin d’une salle de loisirs consacrée à ces nouveaux passe-temps numériques comme celles développées en France par Virtual Time. Dans quelques années des vêtements “intelligents” pourraient même reproduire l’effet des coups, au moins les ressentir. Le projet Paris 2024 n’est certainement pas de mettre des milliers de gens KO !

Article ajouté le 28 février 2019


Etude « Concept Sport des JO Paris 2024 »

Paris 2024 envisage l’ouverture des épreuves au grand public. Vous personnellement, pour chacune de ces initiatives, diriez-vous qu’il s’agit d’une bonne ou d’une mauvaise chose ?

L’ouverture connectée des épreuves des JO au grand public (voile, aviron, vélo, etc.) :

  • Une bonne chose : 77% / 15-25 ans : 85%
    • Une très bonne chose : 25% / 15-25 ans : 29%
    • Une assez bonne chose : 52% / 15-25 ans : 56%
    • Hommes 78% / Femmes 75%
    • CSP+ 79% / CSP- 76%
    • Région parisienne 84% / Province 75%
  • Une mauvaise chose : 23% / 15-25 ans : 15%
    • Une assez mauvaise chose : 17% / 15-25 ans : 11%
    • Une très mauvaise chose : 6% / 15-25 ans : 4%

L’ouverture physique des épreuves des JO au grand public (marathon, etc.)

  • Une bonne chose : 76% / 15-25 ans : 85%
    • Une très bonne chose : 25% / 15-25 ans : 33%
    • Une assez bonne chose : 51% / 15-25 ans : 52%
    • Hommes 76% / Femmes 76%
    • CSP+ 77% / CSP- 81%
    • Région parisienne 82% / Province 75%
  • Une mauvaise chose : 24% / 15-25 ans : 15%
    • Une assez mauvaise chose : 18% / 15-25 ans : 10%
    • Une très mauvaise chose : 6% / 15-25 ans : 5%

Vous personnellement, diriez-vous que l’intégration de quatre nouveaux sports aux JO (surf, skateboard, breakdance et escalade) est une bonne ou une mauvaise chose ?

  • Une bonne chose : 79% / 15-25 ans : 89%
    • Une très bonne chose : 26% / 15-25 ans : 42%
    • Une assez bonne chose : 53% / 15-25 ans : 47%
    • Hommes 76% / Femmes 82%
    • CSP+ 79% / CSP- 81%
    • Région parisienne 82% / Province 79%
  • Une mauvaise chose : 21% / 15-25 ans : 11%
    • Une assez mauvaise chose : 15% / 15-25 ans : 9%
    • Une très mauvaise chose : 6% / 15-25 ans : 2%

Etude réalisée par l’Ifop pour le Comité d’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 réalisée en ligne du 20 au 21 février 2019 auprès de 1.004 personnes, représentatifs de la population française âgée de 18 ans et plus, ainsi qu’un échantillon de 508 personnes, représentatifs de la population française âgée de 15 à 25 ans.