Paris 2024 : une copie à revoir ?

Le rapport que doivent rendre les fonctionnaires de l’inspection générale des finances, de l’inspection générale de la jeunesse et des sports et du Conseil général de l’environnement, qui sera rendu public dans quelques jours promet d’être sans concession : Paris 2024 est prié de revoir sa copie. Le Parisien a eu accès aux notes préalables. En clair, l’Etat, qui versera 1 milliard d’euros pour l’organisation des Jeux olympiques de 2024, réclame des garanties pour éviter des dérapages budgétaires. Trois sites, tous en Seine Saint-Denis, concentrent les interrogations des rapporteurs.

La piscine olympique. «Evalué à 130 M€, le centre nautique pourrait voir son budget être (au minimum) multiplié par deux, la Métropole rêvant de faire de cette piscine un outil de promotion et d’attractivité du territoire et lui donner une dimension architecturale, écrit Sandrine Lefèvre dans Le Parisien. Pour freiner les ardeurs, le rapport préconise de retirer la maîtrise d’ouvrage à la Métropole du Grand Paris et de la confier à la Solideo». La Piscine devrait se construire à Saint-Denis, face au Stade de France, sur des terrains appartenant à la Ville de Paris.

Le Village olympique. Situé en grande partie à l’Ile-Saint-Denis, sa construction pourrait être contrariée par la proximité d’un site archéologique susceptible de contrarier les travaux. Selon le rapport, le Village des athlète est un dossier comportant «des risques majeurs». Le Parisien indique notamment la possibilité de réduire sa capacité de 17.000 à 15.000 lits.

Réunion le 18 juin avec le CIO

La zone du Bourget. Celle-ci doit accueillir plusieurs compétitions et le Village des médias, dont le projet est critiqué par le rapport. «Si la note intermédiaire estimait que “la réalisation du village des médias [était] contestable”, l’avis du rapport définitif serait moins tranché. Un redimensionnement, avec une baisse du nombre de logements (1 500 prévus dans le dossier) sont envisagés», indique Le Parisien. Les inspecteurs préconisent aussi un autre choix pour les compétitions de volley-ball prévues dans une structure éphémère qui nécessiterait des travaux coûteux. La discipline pourrait échoir dans un site déjà existant, comme l’Arena 2 qui sera construite Porte de la Chapelle, au Nord de Paris.

Il y a quelques semaines, Emmanuel Macron, en visite en Seine Saint-Denis, notamment au Stade de France, avait rappelé aux parties engagées dans Paris 2024 l’obligation de rester dans le budget annoncé, soit 6,8 milliards d’euros au total. Le Comité international olympique, engagé dans une chasse au gaspi, sera le 18 juin à Paris pour justement faire les choix quasi définitifs sur les futurs sites olympiques parisiens avec le Comité d’organisation présidé par Tony Estanguet.

Le Parisien de mercredi 14 mars 2018