Jean-François Jeanne : «La France devient un pays de sport»

Entretien : Jean-François Jeanne. Le directeur général d’Infront France est l’invité du podcast de SportBusiness.Club. Ce passionné de golf, qui vient de signer l’accord de partenariat entre Emirates et l’Olympique Lyonnais, inaugure une série d’interviews avec les personnalités françaises du marketing sportif. Extraits de cette entretien réalisé dans son bureau, à Boulogne-Billancourt dans lequel trônait exceptionnellement le vrai Bouclier de Bennus.

Le marché français du sport-business est-il mature ?

Jean-François Jeanne : «Non, mais il faut se comparer aux autres marchés européens. Je n’aime pas quand on compare nos marchés avec celui des Etats-Unis où là c’est totalement incomparable avec des ligues fermées. C’est également le cas avec l’Asie : ce sont des marchés différents. En revanche, au sein du marché européen, nous ne sommes pas matures. Maintenant, c’est lié à beaucoup de choses. D’abord, et contrairement à ce que l’on voudrait nous faire croire, la France n’est pas un pays de sport ou de passionnés comme en Angleterre, en Italie, en Allemagne. Je pense sincèrement qu’on le sera. Aujourd’hui, le sport devient un sujet. On devient un pays de sport. Mais on a encore du retard. Ensuite, on quelque chose de très spécifique : la centralisation de notre pays. En Allemagne, où c’est organisé en landers, les grandes entreprises sont disséminées sur l’ensemble du territoire et, du coup, elles sont très proches des clubs ou des événements locaux

Vous avez été sollicité pour prendre la présidence des Girondins de Bordeaux. Pourquoi avoir refusé ?

J.-F.J. : «J’ai toujours dit à mes proches que je n’avais eu envie de prendre la présidence d’un club de football… à l’exception de Bordeaux car je suis très attaché à la ville. C’est le club où j’étais abonné quand j’étais étudiant. C’est surtout un club qui a un potentiel de développement extrêmement important. J’ai effectivement rencontré les nouveaux actionnaires, mais je n’ai pas ressenti à ce moment une vision suffisamment claire et marquée pour prendre ce poste. (…) Je n’avais pas non plus l’envie de sacrifier ma vie perso et familiale car être président d’un club veut dire souvent le sacrifice ultime de sa famille

Vous êtes un passionné de golf. C’est un sport reconnu pour pouvoir y traiter des affaires : avez-vous déjà signé un contrat sur les greens ?

J.-F.J. : «Effectivement. J’organise le peu de temps libre que j’ai autour du golf, au grand dam de ma femme. Concernant les contrats, ce n’est pas une légende, oui j’ai déjà signé des contrats. (…) Vous passez 4 ou 5 heures avec un partenaire de jeu sur une partie. Au début on se vouvoie. A la fin on se tutoie et on devient souvent amis. Ca crée des liens, ça m’a permis de rencontrer des gens extraordinaires

© SportBusiness.Club Février 2020


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