Pourquoi IBM ne joue plus à Roland-Garros

Après plus de 30 années de partenariat, Big Blue a décidé de ne pas prolonger son contrat avec Roland-Garros. Sophie Stanton, directrice marketing, communication et citoyenneté d’IBM France, explique la décision du géant de l’informatique, qui poursuit malgré tout avec les deux autres Grand-Chelem : Wimbledon et l’US Open..

IBM France a décidé de ne pas prolonger son partenariat avec Roland Garros. Pourquoi ?

Sophie Stanton : «IBM revoit régulièrement ses actions de sponsoring. En France, la décision a effectivement été prise de ne pas renouveler le partenariat avec la Fédération Française de Tennis (FFT) et Roland-Garros. Ce choix nous permet d’explorer d’autres voies, plus près de nos enjeux stratégiques. Par exemple, cette année IBM France a choisi de soutenir l’exposition “Artistes & Robots” au Grand Palais à Paris. L’intelligence artificielle est un de nos grands axes stratégiques».

Qu’est-ce que les 30 années de partenariat avec Roland-Garros ont apporté à la marque ?

S.S. : «Roland-Garros a été pour IBM France une belle vitrine technologique qui nous a permis de montrer nos compétences en matière d’analyse de données, de Cloud, de sécurité informatique, et de mettre en avant d’autres innovations par exemple autour de l’intelligence artificielle. Ce partenariat a aussi offert une visibilité à la marque grâce à la visibilité du logo sur les courts et à la télévision. IBM a également pu toucher un public plus large que lors d’événements purement business».

Quelle influence ces actions ont eu sur le business ?

S.S. : «Ces résultats restent confidentiels, nous ne communiquons pas sur ce sujet. Par ailleurs, nous n’avons jamais mesuré l’attribution d’IBM à Roland-Garros».

Que vont devenir les datas générés lors des tournois ?

S.S. : «Comme c’est le cas avec tous nos clients, c’est la FFT qui est propriétaire de toutes les données. Tous les contenus, c’est-à-dire les données au sens large, comme les photos, articles, vidéos ou site web, leur ont été remis lors de la période de transition. IBM n’a jamais monétisé les données de ses clients que ce soit avec la FFT ou d’autres».

Le sport n’est donc plus un bon vecteur de communication pour IBM ?

S.S. : «Si, le sport reste un axe de communication et une vitrine technologique pour IBM dans le monde mais également en France puisque nous restons partenaire de l’Evian Championship en golf. Toutefois, nous avons souhaité diversifier notre approche et explorer d’autres pistes autour des loisirs et d’événements culturels».

Allez-vous également stopper les autres partenariats dans le tennis ?

S.S. : «L’accord avec l’Australian Open s’est arrêté après l’édition 2017 mais ceux signés avec Wimbledon et l’US Open se poursuivent».

L’événementiel propose t-il un retour sur investissement plus favorable qu’un partenariat sportif comme Roland-Garros ?

S.S. : «Il est difficile de comparer ces deux types d’événements. L’exposition “Artistes & Robots” nous permet, par exemple, de positionner IBM sur un événement inattendu mais qui reste très en lien avec notre stratégie. Cette exposition nous permet aussi d’être visibles pendant trois mois auprès d’un public renouvelé, très varié, et dans un lieu de renom. Notre implication va bien au-delà d’un mécénat purement financier : il y a aussi de la création de contenus, des relais sur les réseaux sociaux ou l’organisation de nombreux événements très ciblés avec nos clients. Cette initiative a été bien accueillie en interne. Cette année, IBM a également bénéficié d’une présence très renforcée lors de VivaTech grâce à la présence à l’ouverture de Ginni Rometty notre CEO mondial».

IBM est-il totalement absent de Roland-Garros cette année ?

S.S. : «Non, car nous y accueillons toujours nos clients grâce à l’achat de packs d’hospitalité, notamment lors de la finale dames».

© SportBusiness.Club. Juin 2018