Le handisport au travers d’un nouveau prisme

Aréna

Des lignes de jeu qui se tracent automatiquement sur le parquet, un traitement acoustique travaillé comme une salle de concert, un environnement lumineux variable… avec Prisme la Seine Saint-Denis a l’ambition de créer l’aréna de sport de demain. Le département a lancé à Bobigny le chantier d’un vaste complexe inclusif, c’est-à-dire nativement totalement accessible à tous les publics et tous les modes de handicap. «C’est, à notre connaissance, le premier bâtiment conçu depuis le début comme cela en Europe», explique Joris Delivré-Melhorn, chef de projet au sein du Conseil départemental.

Construit sur 13.000 mètres carrés au Stade de la Motte à Bobigny, l’ensemble, prévu pour sortir de terre fin 2023, rassemblera plusieurs salles de sport, notamment un dojo, une salle d’armes et un mur d’escalade. Tout sera pensé pour la pratique sportive des athlètes en situation de handicap, quel qu’il soit. C’est ainsi que sont nées certaines idées comme un marquage en led sur les terrains permettant de n’afficher que les tracés nécessaires à la discipline en cours (handball, basket, volley…). La lumière pourra également s’adapter afin de pouvoir être moins agressive et des alcôves de “décharge cognitive” seront installées pour soulager les athlètes autistes.

Les marques associées

«Nous sommes simplement partis des besoins des sportifs, poursuit Joris Delivré-Melhorn. Il y a eu beaucoup d’échanges avec les intéressés. Au final ce n’est pas plus compliqué de travailler sur ce type d’équipement, ni plus coûteux à construire, ni plus long à réaliser. Nous allons créer un outil sportif totalement innovant. Ce sera une vitrine pour d’autres équipements.» Le coût de Prisme, qui signifie “Pôle de référence inclusif sportif métropolitain” s’élève à 44 millions d’euros et sera en grande partie financé par le Conseil départemental avec certainement une aide de la Solidéo (Société de livraison des ouvrages olympiques).

Ce pôle, construit dans la perspective des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, sera un héritage important pour le handisport français. Par ailleurs, l’équipement est situé entre une antenne de l’Université Paris Sorbonne Nord et l’hôpital Avicenne de Bobigny ce qui permettra la mise en place d’unités d’études et recherches dans la performance. «Nous pouvons aussi collaborer avec les marques, notamment technologiques ou liées au sport, qui peuvent faire de Prisme un véritable laboratoire de recherche,» précise Joris Delivré-Melhorn dont le travail consiste également à mettre en place le programme immatériel, c’est-à-dire les activités, nouvelles et à concevoir, que pourrait accueillir cet outil.

© SportBusiness.Club Février 2020