«Publicis Sport va aller très vite !»

Agences

Interview, Pascal Crifo. Le président de Publicis Sport a présenté la nouvelle enseigne du groupe de communication consacrée au sport. Cette agence conseil spécialisée est dirigée par Guillaume Cossou, ex-directeur de la création et de la stratégie de Lagardère Plus et ancien champion du monde de karaté. Pascal Crifo estime que Publicis Sport propose un positionnement différent de ce qui existe sur le marché. Une cellule de chefs de projets pourra s’appuyer sur toutes les expertises des agences du groupe. La nouvelle enseigne va également faire signer un athlète de haut niveau dans le cadre du Pacte de Performance.

En quoi Publicis Sport sera-t-elle différente des autres agences de marketing sportif ?

Pascal Crifo : «Parce qu’il s’agit d’une proposition visant à apporter aux annonceurs le meilleur des deux mondes. D’un côté, nous aurons une équipe opérationnelle chargée de suivre les clients, avec des profils pluridisciplinaires et polyvalents. Ce sera l’équipe qui dirigera Publicis Sport. Et, de l’autre côté, cette équipe s’appuiera pour chaque projet, en exécution et en conception, sur les meilleurs talents de Publicis : créatifs, planeurs, experts data ou experts médias des différences agences du groupe. Nous aurons la capacité de sélectionner les bonnes équipes tout en apportant à chaque fois une fraîcheur pour chaque brief.»

Ce type de proposition n’existe pas ailleurs ?

P.C. : «A ma connaissance, non. Cela est rendu possible grâce au décloisonnement total entre les entités et les métiers. Publicis France est une seule et même entité où sont réparties différentes marques commerciales. La clé, c’est une organisation de groupe permettant une désilotisation. Cette flexibilité a été mise en place par Agathe Bousquet. C’est en ce sens que notre proposition est inédite, notamment par rapport aux agences spécialistes. Cela nous permet de mobiliser plusieurs créatifs sur un même brief

Publicis n’arrive-t-il pas tardivement sur ce marché ?

P.C. : «Il n’est jamais trop tard. C’est vrai que le sujet était dans l’air depuis longtemps. La perspective des Jeux olympiques à Paris dans 5 ans fait qu’évidemment les sujets sport sont au cœur des stratégies de marques. On le sent bien. D’abord parce que le sport est un vecteur d’émergence, d’impact et de lien émotionnel pour les marques. Nous sommes aussi dans une époque où il y a énormément d’enjeux RSE et en interne le sport apparaît comme une bonne manière pour fédérer positivement les salariés. Le sujet sport n’a jamais été aussi tendance en France. C’est le bon moment.»

Guillaume Cossou, Agathe Bousquet, Pascal Crifo et Alexande Chabot

Quels sont les objectifs assignés à Publicis Sport ?

P.C. : «Nous sommes sur un modèle vraiment organique et du coup nous n’avons pas de pression financière. Nous démarrons de manière entrepreneuriale mais nous voulons rapidement créer quelque chose de gros avec de très beaux projets. Nous avons déjà réalisé une opération pour la Fédération française de karaté [Belt Of Hope] et nous travaillons en ce moment pour d’autres annonceurs. Nous avons envie que cela aille vite. Ce marché est très dur et le succès d’un lancement se juge à la vitesse où les opérations se concrétisent

Au-delà des annonceurs, vous intéressez-vous aussi aux institutions sportives ?

P.C. : «Oui, et cela nous tient particulièrement à cœur. C’est d’abord pour une question de sens car nous faisons ce métier par passion et nous avons envie d’apporter au monde du sport ce que l’on sait faire en communication. De plus, le marché se sophistique avec l’arrivée d’experts en communication dans toutes les fédérations et les clubs. Il y a de la place pour une agence capable d’accompagner une marque commerciale dans sa stratégie sport mais aussi une fédération dans sa stratégie de marque

© SportBusiness.Club. Avril 2019.