Quels enjeux pour la sécurité à Paris 2024 ?

Tokyo 2020 utilisera la reconnaissance faciale pour les accrédités.

Dans moins de six ans la sécurité sera l’un des enjeux les plus importants des Jeux olympiques de Paris. Une question d’autant plus sensible depuis les débordements spectaculaires des manifestations des “gilets jaunes” samedi 1er décembre dans la capitale. «Les Jeux réclament la mobilisation de 300.000 personnes rien que pour gérer les aspects sécuritaires, or en France le marché de la sécurité s’élève au mieux à 120.000 personnes, affirme Philippe Gendreau, directeur général adjoint sécurité du Groupement des industries françaises de défense et de sécurité terrestres et aéroterrestres (Gicat).

Lors des Rencontres internationales des grands événements sportifs (Riges) organisées lundi 3 décembre par Business France, cet expert de la sécurité insiste sur le fait que les critères sécuritaires doivent être intégrées dès le départ dans les projets d’organisations. «Aujourd’hui, la sécurité fait partie de l’offre des prestations proposées dans les grands événements sportifs, explique Philippe Gendreau. Une organisation sportive comme les Jeux olympiques est un événement d’une ampleur exceptionnelle avec en conséquence des menaces hors-normes.» Le Gicad a déjà rencontré les dirigeants du COJO Paris 2024 autour de ces questions.

Les nouvelles technologies, une nécessité.

Pour palier le manque d’effectifs, le directeur général adjoint du Gicat avance le recours nécessaire aux nouvelles technologies. En 2024, la reconnaissance faciale permettra d’identifier les accrédités, comme cela se fera lors des Jeux de Tokyo 2020. Tous les spectateurs seront sans doute fichés également, comme cela a été le cas en Russie lors des Jeux d’hiver de Sotchi 2014 et la Coupe du Monde de football 2018. «Cela soulèvera des questions liées aux libertés individuelles, observe Philippe Gendreau. C’est pourquoi il faut s’en occuper dès maintenant.»

Le professionnel de la sécurité estime que le principal problème sera lié aux traitements des données personnelles : c’est le travail de la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés). «Il faudra bien en amont offrir toutes les garanties aux spectateurs qui se demanderont à quoi serviront leurs données personnelles, qui en aura la possession ou si elles seront détruites après l’événement», insiste Philippe Gendreau.

Un enjeu économique aussi.

Au-delà de ces questions, le directeur général adjoint du Gicat souligne le besoin d’associer ces obligations sécuritaires à des services destinés au public. «L’enregistrement de leurs données physiques pourraient, par exemple, permettre aux spectateurs de se dispenser d’un billet physique ou de pouvoir payer leurs consommations grâce à la reconnaissance faciale,», avance Philippe Gendreau.

La sécurité est aussi un enjeu économique car ce marché est en grande partie contrôlée par les acteurs anglo-saxons. Le Gicap entend créer une marque France sur la sécurité et lancera bientôt une filière économique avec les acteurs spécialisés de l’hexagone. Elle pourrait travailler conjointement avec la filière sport déjà en place.

© SportBusiness.Club. Décembre 2018.


Paris 2024 prépare l’accueil des touristes

La Région Île-de-France et le Groupe ADP (Aéroport de Paris) ont signé une convention de partenariat baptisée «Ambition 2024» définissant une stratégie commune pour l’accueil des visiteurs nationaux et internationaux dans la perspective des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024. Les neuf Points Information Tourisme à Charles de Gaulle et Orly seront renouvelés. Un dixième ouvrira dans le nouvel aérogare d’Orly. Par ailleurs, de nouveaux produits seront proposés aux visiteurs comme le Paris Region Pass combinant produits culturels et touristiques. Cette convention s’inscrit aussi dans la perspective de la mise en service du CDG Express, liaison directe entre Paris-Gare de l’Est et l’aéroport Charles de Gaulle en 20 minutes.