Retour sur une expérience LOL

Ecrans géants, effets vidéo, sono poussée à fond, commentateurs compris, et plus de 12.000 spectateurs dans une Accor Hôtels Arena en fusion, dimanche 10 novembre la finale mondiale de League of Legends (dont le petit nom est LOL) a tenu ses promesses. C’était la première fois que la France organisait un événement d’une telle ampleur dans l’univers de l’e-sport. Pour l’occasion, la Mairie de Paris avait mis les petits plats dans les grands offrant aux “Worlds” le parvis de l’Hôtel de Ville durant quatre jours, comme lors des grandes compétitions sportives, traditionnelles. Le duel entre l’équipe chinoise de Fun Plus Phoenix et allemande de G2 Esports y était également retransmis sur écran géant.

A quelques kilomètres de là, dans la salle, le public, plutôt masculin et trentenaire, était chauffé par des animateurs aux surnoms d’animaux domestiques (Noi, Zaboutine, Cabochard, Chips,…) dont les propos n’étaient pas toujours compréhensibles à cause d’un son saturé et de termes endémiques réservés aux initiés. Une dizaine de commentateurs s’est relayée par groupe de trois. Les trios assuraient dans le même temps la bande son des plateformes de streaming qui, comme Twitch, diffusaient le match en direct. Le chiffre de 200.000 spectateurs connectés en simultanée a été annoncé.

Même si Riot Games, éditeur et organisateur de l’événement, se vantait d’un événement archi-complet, de nombreuses places sont toutefois restées vides dans l’aréna parisienne. En revanche, les représentants de marques et d’annonceurs étaient eux bien présents. Beaucoup sont venus poussés par la curiosité. Une grande partie [dont le rédacteur de ses lignes] n’a certainement pas saisi toutes les subtilités de la compétition et s’est limitée à s’enthousiasmer quand les fans expérimentés s’emportaient durant une phase de jeu. L’ambiance y était proche de celle d’un stade. Le public de League of Legends s’est d’ailleurs lancé dans un clapping, une ola et a même entonné le célèbre chant des supporteurs «Aux armes…» L’e-sport est bien du sport sur ce point là.

Des sponsors plutôt discrets

De même, comme lors de toute grande compétition internationale, la finale du championnat du monde de LOL a été précédée d’une cérémonie d’ouverture. Riot Games, aidée d’une agence événementielle américaine, a présenté un spectacle d’une demi-heure très électrique, tout en effet vidéo et hologrammes, accompagnés d’artistes interprétant les chansons du jeu aux accents musicaux de hip-hop et K-Pop. Le show, estimé à 5 millions de dollars et scruté par des collaborateurs de Paris 2024, s’est conclu avec la présentation du Trophée de League of Legends qui, à l’instar de la Coupe du monde de football, fut extraite de sa malle Vuitton. A l’exception que celle-ci est équipée de panneaux lumineux.

Projeté en amont, un film de présentation de la finale montrait des lieux emblématiques de la culture française et parisienne, la Tour Eiffel, évidemment, et le Château de Chantilly où ont été mis en scène les joueurs des deux équipes (voir ci-dessous). La présentation de chaque équipe, cinq joueurs accompagnés des remplaçants et coachs, a été plus sobre. Un non-initié aurait apprécié voir les visages des joueurs sur les six écrans géants surplombant la scène centrale accompagnés de quelques renseignements : son âge, son palmarès ou sa nationalité. Justement, à l’inverse des rencontres sportives officielles, aucun hymne n’a été joué avant le match. L’esport n’a pas de frontière.

Autre différence avec les grandes compétitions, exceptées les jeux olympiques, les marques ont été relativement discrètes lors des “Worlds”. On a pu voir les sponsors des deux équipes sur leur maillot : Nike et Oppo pour Fun Plus Phoenix, Red Bull et Logitech pour G2 Esports étaient les plus visibles. Et sur les écrans vidéo de la salle s’affichaient à tour de rôle dans un espace dédié les logos des sponsors de l’événement : Oppo, Mastercard (Société Générale distribuait de petits guides aux couleurs de la carte bancaire), Axe Gaming, Secretlab (marque de fauteuils), Alienware (gamme d’ordinateur de Dell). Aucune animation spécifique et encore moins commerciale n’a été organisée durant les deux pauses, entre les matchs. Louis Vuitton, outre la malle présente sur scène, exposait aussi un modèle des “skins” dessinés spécialement pour les personnages du jeu. Riot Games compte garder la main sur son événement exceptionnel et un business bien réel.

© SportBusiness.Club Novembre 2019

Mise à jour, mercredi 13 novembre 2019. Selon Nielsen Sports, le match a rassemblé 160.963 personnes en moyenne sur la chaîne Twitch d’O’Gaming avec un pic à 205.000 personnes. Une hausse de 185% par rapport à la finale 2018. Le match a généré 697.728 heures vues (+239% vs finale 2018), 2,7 millions de mentions J’aime » sur Twitter, Facebook, Instagram et Youtube, et une couverture totale de 67,3 millions d’individus via les posts sur les réseaux sociaux traitant de la finale.


Musiques de la cérémonie d’ouverture des Worlds 2019

Awaken : Valérie Broussard et Ray Chen.
Giants : True Damage avec Duckrth, Thutmose et Soyeon.
Phoenix : Cailin Russo et Chrissy Costanza.


Bande-annonce des « Worlds »

Paris, la Tour Eiffel et le Château de Chantilly