Riges 2020 : l’export, un autre sport pour les entreprises

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Surtout, surtout, ne pas oublier le visa. Pour une entreprise française le développement international se traduit souvent en parcours du combattant. Le domaine du sport n’est pas à l’abris de ces contraintes. Mercredi 5 février, lors des 7e Rencontres internationales des grands événements sportifs (RIGES), organisées à Paris par Business France, les champions tricolores de l’export ont décrit leurs expériences et, parfois, leurs déconvenues. «Pour les repérages du Dakar en Arabie Saoudite nos six voitures sont restées bloquées trois semaines au port de Djeddah à cause de formalités administratives, confie Laurent Lachaux, directeur commercial d’Amaury Sport Organisation. Heureusement, cela n’a pas eu de conséquences pour la suite.» Le rallye a bien eu lieu en janvier.

Pas facile d’intégrer les contraintes dans chaque pays. C’est le cas notamment au Japon où quelques entreprises françaises travaillent sur l’organisation des Jeux olympiques de Tokyo cet été. C’est le cas de Thomas Hamon, président de Protracks. Sa société réalise la piste de course BMX et a dû prendre ses précautions bien en amont. «Nous sommes des artisans et nous y sommes allés au culot via un contact donné par Paris 2024, raconte cet ancien champion de la spécialité. Ensuite, nous avons noué un partenariat avec une entreprise locale qui a remporté l’appel d’offres : nous nous sommes greffés au projet.» Pour autant, et pour travailler sur place ou superviser le chantier, Thomas Hamon a été obligé de s’organiser : «J’ai passé des diplômes en japonais, je me suis doté d’un permis de conduire local et j’ai obtenu une carte de séjour,» confie-t-il. De quoi réaliser des affaires plus aisément, au contrairement de l’un de ses concurrents néo-zélandais. «Ils n’avaient pas les bons papiers et, du coup, pour réaliser le parcours de VTT, aucun des dirigeants n’a pas eu le droit de toucher un seul outil ou matériel sur place,» rapporte Thomas Hamon.

Des contraintes auxquelles doit s’affranchir également les plus gros, comme GL Events, géant mondial de l’événementiel très présent à Tokyo pour les Jeux. «Il y a une vraie différence culturelle entre le Japon et la France qu’il a fallu prendre en compte, indique Sophie Clère, responsable des appels d’offres internationaux au sein de l’entreprise lyonnaise. Nous avons été confrontés à la barrière de la langue et aux problèmes liés aux visas. Ce sont des contraintes à intégrer, notamment pour tenir les délais.» Ces différences, les entrepreneurs français les rencontrent également aux Etats-Unis. «Il faut arriver avec une vision locale et non globale,» affirme Xavier Rivoire, responsable de la communication internationale chez Décathlon. Un avis partagé par Finbarr Kirwan, vice-président du comité d’organisation des Jeux olympiques de Los Angeles 2028 : «Sur ce marché, il faut avoir une approche construite sur les services, déclare-t-il. Vous pouvez déjà venir nous voir. Nos différences culturelles ne sont pas si grandes. Nous sommes cousins… peut-être pas frères.» Ca reste en famille quand même.

© SportBusiness.Club Février 2020