Roland-Garros, la tête tournée vers 2020

Tennis

Le nouveau court Simonne-Mathieu de Roland-Garros

Le vainqueur 2018 de Roland-Garros aura juste le temps de savourer sa victoire. A peine les dernières balles jaunes ramassées que la terre battue du court central laissera entrer les démolisseurs. Lundi 11 juin, le lendemain de la finale messieurs les pelleteuses entrent en action. En dix mois la Fédération française de tennis (FFT) va détruire 80% du court Philippe-Chatrier puis le reconstruire pour l’édition 2019. Ce sera la partie la plus spectaculaire et sensible du chantier “Nouveau Roland-Garros”.

Depuis deux ans, le stade de tennis de la Porte d’Auteuil est en pleine mutation : il va passer de 8,5 à 11,1 hectares en 2021. L’objectif de la FFT est de se doter d’un complexe capable de rivaliser avec les trois autres Grands Chelem (Australian Open, Wimbledon, US Open). Le nouveau stade, dont le coût officiel s’élève à 350 millions d’euros, doit aussi permettre à la fédération d’augmenter ses recettes.

Un enjeu économique important

Les nouveaux contrats des partenaires sont déjà revus à la hausse, 20% de plus confie-t-on. Le Roland-Garros horizon 2020-2021 offrira aux partenaires des espaces d’expression plus larges et et valorisés, donc vendus plus chers. La première concrétisation de l’ambitieux chantier est le bâtiment accueillant le Village des partenaires, inauguré cette année.

L’autre enjeu pour la FFT est la fréquentation. Elle devrait progresser aussi car, d’une part, la capacité totale du stade passera de 37.500 à 40.000 sièges, et, d’autre part, la couverture du court central permettra d’ouvrir des sessions de soirée. L’installation garantira également la tenue des matchs quelle que soit la météo, donc de rassurer les diffuseurs, donc de revoir des droits audiovisuels à la hausse. Un retour gagnant pour le tournoi.


Visite du chantier Roland-Garros

Le court des Serres. Baptisé Court Simonne-Mathieu, il accueillera 5.000 spectateurs. Intégré dans la nouvelle partie du Jardin des Serres d’Auteuil, le bâtiment est quasiment terminé. Opérationnel dès cet automne, le court recevra des matchs dès l’édition 2019. Son architecte, Marc Mimram, a dessiné un stade en verre dont les quatre côtés intégreront des plantes venant des quatre Continents : Amérique, Asie, Afrique, Océanie. Un tour du monde en 80 végétaux. Un clin d’oeil aux serres voisines.

Les bâtiments en meulières. A côté du court Simonne-Mathieu, dans le Jardin des Serres d’Auteuil, ces anciennes remises datant de 1895 ont déjà été totalement rénovées. La partie baptisée l’Orangerie, abrite cette année un espace restauration pour de l’hospitalité corporate : 400 couverts dans le hall de 600 mètres carrés. En 2019, l’espace sera ouvert au grand public et accessible directement via l’avenue Gordon-Benett lien entre les deux sites qui sera aménagée. Le restant de l’année, les “Meulières” pourront être disponibles à des associations ou des événements. Son usage n’est pas encore arrêté.

Le court Philippe-Chatrier. Il sera détruit à 80% et reconstruit. Trois tribunes tomberont. De nouveau disponible pour l’édition 2019, le central bénéficiera d’une emprise un peu plus importante au sol et de nouveaux espaces à l’intérieur. Le chantier suivant sera la pose du toit rétractable avec l’objectif d’une mise en oeuvre pour l’édition 2020. Les alentours du court seront revus avec des allées pavées et des boutiques intégrées afin d’améliorer les flux.

Le court Numéro 1. L’honorable arène, toute en rondeur et construite en 1980, sera totalement rasée à l’issue de l’édition 2019. A sa place : rien ! La Place des Mousquetaires, attenante, sera agrandie et aménagée. A terme, l’espace sera ouvert au grand public durant toute l’année. La fin des travaux est prévue pour 2021 avec une nouvelle entrée, digne de l’ambition du tournoi parisien.


Un concept bleu-blanc-terre

L’agence de design W & Cie est chargée de donner de l’homogénéité à l’ensemble du stade et des différentes structures conçues et réalisées par des architectes différents. Le concept imposé par l’agence est le triptyque “bleu-blanc-terre”, soit de haut en bas, la légèreté du bleu du ciel, puis le blanc de la pureté et de l’élégance parisienne à hauteur d’yeux, et enfin l’ocre de la terre battue et de l’authenticité sur le sol. L’entrée du Village des partenaires répond à ce trio d’éléments : les personnes entrent dans le couloir menant au site sur un sol en pavés, qu’ils retrouvent dans les allées du stade, puis passent sur des dalles de terre pour terminer sur les lamelles du parquet symbole du Village.