Romain Attanasio, skipper et patron de club

Trente-cinq marques différentes. Dans le port de Saint-Malo, l’Imoca de Romain Attanasio ne doit pas être très loin du record de sponsors visibles sur un bateau. Le skipper prendra le départ de la Route du Rhum demain, dimanche 4 novembre. Il a tenu à faire une petite place à tous les membres de son club de partenaires, base du financement de son projet.

«Pour monter le budget de mon Vendée Globe 2016, j’avais pris le problème à l’envers, car aujourd’hui partir à la recherche d’un gros partenaire, cela ne fonctionne plus,» affirme-t-il. L’idée est née dans un garage auto, celui du concessionnaire Volvo de Rennes. «C’est mon partenaire historique et je lui ai demandé s’il n’y avait pas parmi ses clients certains qui pourraient devenir sponsor de mon bateau», explique le navigateur.

Le principe fonctionne. «En une journée on en a trouvé une vingtaine prêts à me verser 2.000 euros, raconte Romain Attanasio. Au total, on en a eu 70.» L’initiative s’avère payante mais pas suffisante pour financer un projet de la taille du Vendée Globe dont le départ était donné six mois plus tard.

Bien-être et produits naturels

Le skipper passe alors à une autre étape : il téléphone à son commissaire aux comptes afin de lui demander une aide identique. «l me met en relation avec une PME de Cholet susceptible de me parrainer», poursuit le skipper. C’est Famille Mary, une marque de miel. L’entreprise est séduite et devient partenaire majeur du bateau. Ce n’est pas tout : la petite entreprise décide une société amie de les suivre dans l’aventure, Etamine du Lys ! «En fait, nos meilleurs agents sont nos partenaires,» souligne Romain Attanasio.

Le projet Vendée Globe se met ainsi en place et permet au navigateur de prendre le départ du Vendée Globe. Il terminera 15e de la course autour du monde. En mer, Romain Attanasio a pris le temps pour finaliser son principe de club dont l’objectif serait de pérenniser ses projets et préparer les échéances futures. «Mes partenaires majeurs m’ont demandé de ne prospecter si possible que des marques de leur univers, celui du bien-être et des produits naturels, indique Romain Attanasio. En fait, ce principe donne encore un peu plus de sens au dossier.»

Son chapiteau de partenaires

A terre, le navigateur découvre un nouveau rôle : celui d’animateur d’un club de partenaires. Romain Attanasio organise régulièrement des conférences et des réunions avec ses sponsors. Il structure aussi ses partenariats : pour 20.000 euros les annonceurs ont droit à une journée sur le bateau, à 2.000 c’est une journée aussi mais collectivement avec d’autres marques. A Saint-Malo, au Village départ de la Route du Rhum, c’est toujours lui qui organise son “chapiteau” de partenaires. Ouvert au public, cet espace permet à ses annonceurs d’exposer et vendre leurs produits.

Aujourd’hui la mécanique semble bien huilée. Demain dimanche, Romain Attanasio partira seul à la barre de son Imoca direction la Guadeloupe. Le skipper sera presque serein. Pas tout à fait en fait car il sait qu’une fois à terre il devra chercher un nouveau partenaire titre : Famille Mary a décidé de se retirer (voir ci-dessous). Ticket d’entrée pour s’associer au marin  sur le Vendée Globe 2020 : 400.000 euros. Le prix pour partager avec lui un tour du monde à la voile.

©️ SportBusiness.Club. Novembre 2018


Famille Mary victime du sponsoring

Partenaire depuis quelques années de Romain Attanasio, la marque de miel a décidé de stopper le sponsoring sportif. La raison est surprenante : Famille Mary a trop bien profité de cette visibilité ! En s’affichant sur un bateau du Vendée Globe au même titre que de très grandes marques nationales ou internationales sur d’autres voiliers, cette PME familiale qui fait le pari de l’authenticité, du bien-être et de la naturalité aurait perdu un peu de son âme. Du coup, pour éviter cette dérive, Famille Mary a préféré revenir à une certaine discrétion.