Sodebo vogue sur les records

Voile

Le maxi Sodebo 4 au départ de la Transat Jacques Vabre au Havre

Sur la terre ou en mer, 2017 sera l’année des records pour Sodebo. L’entreprise agroalimentaire vendéenne, spécialiste des sandwichs et des pizzas en grande distribution, devrait boucler l’année avec un chiffre d’affaires historique : 435 millions d’euros, en hausse de plus de 8% par rapport à 2016. «Nous n’expliquons pas forcément ces chiffres par des éléments tangibles, explique Patricia Brochard, coprésidente du groupe. Toutefois, les records battus par notre bateau et Thomas Coville y sont pour quelque chose.»

En décembre 2016, le skipper à la barre du maxi-trimaran Sodebo a battu le record du tour du monde en solitaire : moins de 50 jours. En juillet dernier c’est celui de la traversée de l’Atlantique (moins de 5 jours) qui était pulvérisé. «Ces deux performances nous ont permis de bénéficier de retombées presse équivalentes à 9 millions d’euros de publicité, indique Patricia Brochard. En 2018, cela fera 20 ans que nous sommes engagés dans la voile, et aujourd’hui, on en récolte les fruits».

Sodebo a créé la classe des Ultimes

Patricia Brochard, coprésidente de Sodebo, et son skipper Thomas Coville.

La gestion du temps long est l’une des clés de réussite du sponsoring sportif. «Comme dans les entreprises, il faut savoir gérer le temps présent et aussi être dans l’anticipation, afin de ne pas subir», affirme la dirigeante de Sodebo (voir l’interview vidéo ci-dessous). Ainsi, elle ne compte pas s’endormir sur ses lauriers.

La suite de Sodebo s’écrira dans la nouvelle classe des Ultimes, ces géants de mers de plus de 30 mètres de long capables de voler sur l’eau à plus de 50 kilomètres par heure. C’est cas de Sodebo 4, actuellement en mer avec Thomas Coville sur la Transat Jacques Vabre. L’an prochain le skipper prendra la barre du numéro 5. Celui-ci sera encore plus grand, plus haut et plus rapide. Le multicoque, en construction, coûtera 10 millions d’euros. «Ces nouveaux projets permettent de raconter de nouvelles histoires, c’est tout l’enjeu pour une entreprise, affirme Patricia Brochard dont l’objectif est aussi d’aider son entreprise à se développer à l’international. Ca c’est demain. Pour l’heure la coprésidente de Sodebo croise les doigts. Une victoire de son skipper Thomas Coville dans la Transat Jacques Vabre serait bienvenue : la course arrive au Brésil où justement la société ouvrira une usine dans quelques mois.


La compétition, nouvelle stratégie sportive et marketing

La Transat Jacques Vabre, à laquelle participe Thomas Coville, donne le coup d’envoi de la nouvelle stratégie sportive de Sodebo. «On ne fera plus de records», a indiqué le skipper deux jours avant prendre le départ de la course donné dimanche 5 novembre au Havre. «L’objectif, c’est maintenant la compétition, et gagner des courses !», a-t-il assuré. «C’est un projet qui permettra de nourrir aussi bien l’ambition de la marque que celui, sportif, de notre skipper, confie Patricia Brochard de Sodebo. Nous sommes tous les deux en cohérence». Pour cela, Sodebo a lancé sa propre classe de bateaux, les Ultimes, de gigantesques trimarans de courses. Cependant, aujourd’hui, il n’y a qu’une petite poignée de bateaux.

«J’attends les compétitions à 5 ou 6», insistait Thomas Coville. Pour développer la flotte, et garantir du spectacle et des retombées médias ces prochaines années, Sodebo encourage donc les initiatives ou met en place des synergies entre les écuries et sponsors. Le but est de ne pas faire s’envoler les coûts… et couler les projets. Pour Sodebo 5, la facture s’élèvera à 10 millions d’euros. Le numéro 4, actuellement en mer, sera vendu. Peut-être à un nouveau sponsor. «Le bateau restera dans le collectif Ultimes car on veut construire ce nouveau championnat sur le long terme», précise Patricia Brochard.