Plaidoyer pour le sport en entreprise

Le sport ne s’arrête pas aux portes de l’entreprise. Celle-ci doit, selon le code du travail, veiller à la sécurité de ses employés. Du coup, maintenir ses collaborateurs en bonne santé physique pourrait très bien, selon certains juristes, entrer dans ses obligations. Toutefois, il reste encore de nombreux freins à lever avant que le sport en entreprise ne devienne une réalité à grande échelle.

Parmi ces freins figure justement le cadre légal. Ainsi, qui serait responsable dans le cas où un employé se blesserait lors d’une activité physique et sportive organisée par l’entreprise ou dans ses locaux ? Par ailleurs, comment éviter que la mise à disposition d’un coach ou d’une salle de sport ne soient considérées par l’Urssaf comme un avantage en nature ?

Ces questions ont été évoquées jeudi 13 mars lors d’un débat organisé par l’Union Sport & Cycle et Olbia Conseil en présence du sénateur de la Creuse Jean-Charles Lozach. Le parlementaire socialiste est membre du groupe d’études “Pratiques sportives et grands événements sportifs” et a déjà proposé la création d’un poste de coach santé en entreprise. «Il y a des opportunités à saisir, notamment les discussions sur la future loi Sport et Société, a-t-il expliqué. Il faut notamment se poser la question de la relation entre l’entreprise et le monde du sport. Des passerelles peuvent être créées avec les clubs locaux.»

Pas un coût, mais un investissement

Stéphane Solinski, directeur général du groupe Sport 2000, est persuadé des bienfaits du sport auprès de ses collaborateurs. «En entreprise, tout le monde est convaincu du bienfait du sport, le débat n’est plus là, a affirmé le dirigeant de l’enseigne de distribution. Mais, entre la croyance et la pratique le fossé est abyssal, surtout dans les TPE/PME.»

Selon lui, les différents freins au développement du sport dans l’entreprise peuvent être facilement levés. «Ce n’est pas une question de coûts, mais plutôt d’investissement, car des collaborateurs en bonne santé produisent mieux, a assuré Stéphane Solinski. Des pistes existent aussi pour faciliter l’installation de douches ou de vestiaires.» Enfin, le dirigeant a également indiqué qu’une multitude d’applications et de structures proposent des offres clés en main pour du coaching sportif en entreprise.

«Personnellement, je considère que je ne suis pas uniquement là pour payer des salaires à la fin du mois», a insisté Stéphane Solinski. C’est avec une grande satisfaction que ce dernier a présenté le bilan des activités sportives au sein du groupe Sport 2000 : plus de la moitié des collaborateurs y ont participé, dont 50% qui ne pratiquaient pas d’activité physique auparavant et 77% de femmes.

© SportBusiness.Club. Mars 2019.