«Sport Up Summit, un marqueur pour l’Occitanie»

Interview : Benjamin Carlier. Le directeur associé d’Olbia Conseil, expert en sport et innovation et basé à Montpellier, participe depuis trois ans au Sport Up Summit dont l’édition 2019 se tient les 3, 4 et 5 octobre à Font Romeu. Il intervient comme coach, intervenant et est membre du jury de ce concours de start-up de l’univers du sport.

Pourquoi la région Occitanie montre-t-elle autant de dynamisme autour de l’activité économique liée au sport ?

Benjamin Carlier : «Ce positionnement est historique. Ad’Occ Sport, présidé par Jean-Marc Oluski, organisateur du Sport Up Summit, est issue d’une structure plus ancienne créée il y a une dizaine d’années, LRSET (Sport et Tourisme), qui à l’époque a été la première initiative régionale destinée à favoriser le développement de projets innovants dans le sport. Le rôle d’Ad’Occ Sport n’était pas d’incuber des start-up, au sens de les accueillir physiquement, mais plutôt d’accompagner leurs projets par des programmes de formation adaptés.»

S’agit-il d’un choix politique ou stratégique pour la région ?

B.C.: «C’est surtout un choix évident quand on regarde le potentiel naturel de la région Occitanie où se retrouvent montagne, plaine et mer. C’est une terre idéale pour le sport. D’ailleurs le patrimoine sportif est très important avec des organisations internationales telles le FISE, la venue régulière du Tour de France et des villes comme Montpellier et Toulouse où se concentrent de nombreux clubs de haut niveau dans plusieurs disciplines. L’Occitanie est certainement l’une des régions les plus sportives de France. On y retrouve aussi la première entreprise du sport-tech cotée à la Bourse, la start-up montpelliéraine Vogo

Le sport est-il un potentiel de ressources économique pour la région ?

B.C.: «Oui. Avec son poids, la filière économique du sport est devenue importante partout en France et notamment en Occitanie. C’est un secteur désormais reconnu et pas seulement avec le secteur professionnel : il faut aussi regarder les retombées économiques dans le tourisme, la mode, la santé…»

Avec le Sport Up Summit l’Occitanie souhaite-t-elle également montrer à la Capitale qu’elle n’a pas le monopole de l’innovation ?

B.C. : «Mais il se passe déjà beaucoup de choses en province, qui ne souffrent pas de la comparaison avec Paris. Les start-up bénéficient ici de beaucoup d’espace et de partenaires potentiels pour travailler. Elles ont la capacité d’exister grâce à des pôles d’expertises forts, comme Euromouv à Montpellier ou même les acteurs industriels de l’aéronautique à Toulouse, par exemple. Le Sport Up Summit permet de montrer qu’il se passe des choses en région, mais il a de toutes façons déjà une vocation nationale et internationale. Cela ne se fera jamais en concurrence avec d’autres régions : c’est plutôt dans le cadre d’une collaboration intelligente. L’idée est plus de se serrer les coudes pour mieux porter les projets et le secteur du sport-tech. Toutefois, ce type d’événement permet évidemment aussi d’être un marqueur fort pour l’Occitanie.»

© SportBusiness.Club Octobre 2019