Le BNP Paribas Primrose a trouvé sa bonne dimension

Tennis

Modèle économique. Ici, les courts portent des appellations de grands crus : Mouton Rothschild, Haut Brion, Cheval Blanc… Nous sommes bien à Bordeaux, à la Villa Primrose le club de tennis girondin qui lundi 29 avril a lancé la 12e édition de son tournoi ATP Challenger avec les Français Jo-Willfried Tsonga et Lucas Pouille en tête d’affiche. «C’est l’une des conséquences heureuses de notre changement de dates, explique Bernard Dupouy, président de Villa Primrose. Nous avons avancé le tournoi de deux semaines. Du coup, nous ne sommes plus en concurrence avec celui de Rome et nous pouvons bénéficier de joueurs du Top 50.» De plus, avec la même terre battue et les mêmes balles que Roland-Garros, le tournoi bordelais fait office de galop d’essai pour des joueurs souhaitant tester leur coup droit avant le rendez-vous parisien.

Depuis 2018, le club bordelais a confié l’organisation matérielle et commerciale de son tournoi à Côte Ouest, filiale événementielle du groupe Sud Ouest. «Il s’agit d’une convention de quatre ans, précise Bernard Dupouy. Nous conservons la maîtrise de la compétition sportive.» Un choix raisonné. «Le tournoi commençait à être lourd à gérer, confie le président du club. Nous voulions aussi le positionner avec les plus hauts standards de qualité

Côte Ouest gère la billetterie, le marketing, le commercial et les hospitalités du tournoi Primrose dont le budget a plus que doublé en une décennie : 450.000 euros en 2008 à 1 million cette année. «Les principaux postes de ressources sont les partenariats, pour 45%, et l’hospitalité, pour 40%,» indique Bernard Dupouy. BNP Paribas, partenaire titre, apporte un peu plus d’un cinquième des recettes commerciales. Les subventions publiques et la billetterie (un peu plus de 30.000 entrées) complètent les recettes.

Impossible de viser plus haut

Si le tournoi de tennis bordelais a bien grandi ces dernières années pas question pour autant de rêver trop grand. «Non, nous n’avons pas l’ambition de monter en ATP 250, affirme Bernard Dupouy. Il faudrait pour cela rassembler un budget de 2,5 millions d’euros.» Trop risqué selon le président qui ne souhaite pas mettre son club en danger. «Par ailleurs, il nous faudrait une nouvelle dimension physique et ici nous sommes en centre-ville et il est impossible de s’agrandir, poursuit-il. Je préfère garantir la pérennité du tournoi qui a toujours été quasiment à l’équilibre économique

Le BNP Paribas Primrose préfère miser sur le réceptif et les entreprises. Le Village des partenaires a été agrandi d’un quart et accueille 550 convives à chaque déjeuner. Sur le court central, 18 loges ont été aménagées ainsi qu’un espace couvert et vitré donnant sur le terrain. Le tournoi est devenu un rendez-vous annuel pour le tissu économique bordelais. Sur ce terrain le club de tennis doit rivaliser avec les footballeurs des Girondins et les rugbymen de l’Union Bordeaux-Bègles. Villa Primrose rassemble quand même 250 entreprises partenaires. Elles peuvent se retrouver au Village du tournoi où sur les tables le vin de Bordeaux est plus populaire que le Champagne. Evidemment.

©️ SportBusiness.Club. Avril 2019

Le tournoi BNP Paribas Primrose, le village et Bernard Dupouy président du club Villa Primrose et du tournoi.


Une couverture TV sur TV7

Bien que tournoi ATP Challenger, le BNP Paribas Primrose Bordeaux bénéficie d’une couverture télé. Les demi-finales et la finale sont retransmises samedi 4 et dimanche 5 mai sur TV7 la chaîne régionale de Gironde diffusée sur la TNT. La télévision appartient au groupe Sud Ouest, par ailleurs producteur délégué du tournoi via sa filiale Côte Ouest (voir ci-dessus)s. Le groupe média a préféré conserver ces droits en interne plutôt que de les céder à France Télévisions.

Ne l’appelez plus Passing Shot

Le BNP Paribas Primrose est né sous une bonne étoile : celle du Passing Shot de Bordeaux. Ce tournoi, dont le nom a laissé une rémanence dans la mémoire du sport français, s’est tenu de 1979 à 1995 sur les courts de la Villa Primrose. Yannick Noah a gagné la première édition. Guy Forget, Ivan Lendl et Andreï Medvedev ont inscrit leurs noms au palmarès de cette compétition dont l’origine, « Passing Shot », était le magasin de sport éponyme du mécène du tournoi. Celui-ci a été stoppé en 1995 avant de renaître en 2008 avec cette fois ci le club de Villa Primrose à la manœuvre.