Une cause environnementale dans les filets du volley

Si vous avez la chance de passer ces prochains jours à Rio, au Brésil, sur la plage de Copacabana, allez faire un tour du côté des courts de beach-volley. Vous remarquerez de curieux animaux imprimés sur les filets : une tortue ou un requin. Ce sont des filets recyclés dans le cadre de l’opération The Good Net Project, une initiative de développement durable dont l’objectif est de récupérer les filets de pêche abandonnés dans l’océan et à les recycler. L’action est soutenue et portée par la Fédération internationale de volley-ball (FIVB) qui a décroché pour cela le Grand Prix Stratégies du Sport 2019.

«Le filet était un élément naturel pour rapprocher la fédération de cette cause mondiale», explique Luc Speisser (*), Président de Landor Europe, agence conseil de la FIVB qui rapporte que tous les ans 640.000 tonnes de filets de pêche sont perdus ou abandonnés dans les océans. Baptisés “Ghost nets” ils constituent des pièges mortels pour des centaines de millions de poissons et mammifères marins. L’agence Landor a suggéré à la fédération internationale de médiatiser ce problème. Au printemps dernier, les premiers filets incarnant cette grande cause planétaire, ont ainsi été installés à Copacabana.

Bientôt en compétition ?

«Oui, on commence à recycler les filets dans le cadre d’une économie circulaire, mais au-delà de ces dix filets iconiques, l’objectif de la FIVB était de porter le projet et l’aider à le faire connaître, poursuit Luc Speisser. Cela fonctionne car Greenpeace et les Nations Unis en parlent depuis peu. Cela devient un phénomène mondial.» De quoi ravir la fédération sportive internationale qui profite aussi de cette médiatisation. «Il y a eu une unanimité autour de ce projet, que ce soit de la part des athlètes ou des fans, précise Anna Sarafianou (*), directrice du marketing de la FIVB. Cette mobilisation est beaucoup plus positive que ce que l’on attendait. Cela nous permet de faire parler de notre sport d’une autre manière

Sport et grandes causes se conjuguent de plus en plus et de mieux en mieux. «C’est une action qui a coûté très peu d’argent et a été portée par les bonnes volontés, indique Luc Speisser de Landor. Surtout, cela faisait vraiment sens que le volley-ball fasse cela.» The Good Net Project s’inscrit surtout dans la durée. D’autres filets recyclés et porteurs du message de cette cause seront bientôt installés dans le monde. En attendant encore plus : «Nous discutons pour voir si ces filets peuvent être utilisés en compétition officielle, confie Anna Sarafianou de la fédération internationale. Aujourd’hui, techniquement ce n’est pas encore possible.» Pas de doute que ces filets d’une nouvelle ère feraient vraiment sens aux Jeux olympiques. Pourquoi pas à Paris 2024. Ou avant.

© SportBusiness.Club Novembre 2019

(*) Propos recueillis lors de la Cérémonie du 12e Grand Prix Stratégies du Sport, mercredi 20 novembre à Paris.