Tokyo 2020 aimerait rallumer la flamme

Jeux olympiques

A 134 jours de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Tokyo, l’incertitude pèse encore sur la tenue, ou pas, du plus grand événement sportif mondial malmené à cause de la propagation du coronavirus à travers le monde. La cérémonie d’allumage de la flamme olympique, ce jeudi 12 mars sur le site historique d’Olympie en Grèce, promettait d’être une célébration festive et le point de départ de la dernière ligne droite avant les Jeux. Las, la cérémonie symbolique se déroulera sans public, juste devant quelques invités dans un Temple d’Héra bien vide.

Les dirigeants du Comité d’organisation (COJO) espèrent sans doute que l’événement redonnera un peu de couleur à leurs Jeux. Ces derniers jours, plusieurs dirigeants ont publiquement évoqué un possible report voire une annulation. «Si les Jeux olympiques ne peuvaient pas avoir lieu à Tokyo cet été en raison de l’épidémie mondiale de coronavirus, un report d’un ou deux ans serait l’option la plus réaliste,» a ainsi déclaré Haruyuki Takahashi, membre du COJO au Wall Street Journal de mardi 10 mars.

L’affirmation a aussitôt été battue en brèche par le président du Comité d’organisation, Yoshiro Mori : «Monsieur Takahashi nous a indiqué avoir donné par inadvertance son opinion personnelle en réponse à une question hypothétique, assure le patron de Tokyo 2020 dans un communiqué. Ni le Comité international olympique (CIO) ni le COJO n’envisagent de reporter ou d’annuler les Jeux de Tokyo 2020. Nous poursuivons nos préparatifs.»

Point de non-retour fin mai ?

Quelques jours auparavant, mardi 3 mars, c’était la ministre japonaise des Jeux olympiques, Seiko Hashimoto, qui avait déclaré devant le Parlement que «le contrat [de ville-hôte] prévoit que les Jeux se tiennent dans le courant de l’année 2020» et qu’en conséquence «cela pourrait être interprété comme autorisant un report.» Mais, donc, que de quelques mois et non pas de un ou deux ans comme l’a évoqué Haruyuki Takahashi. Et encore, cette solution ne pourrait être envisagée que dans un cas de nécessité absolue.

Un peu plus tôt, début mars, la Commission exécutive du CIO avait «réaffirmé son total engagement à assurer le succès des Jeux olympiques de Tokyo 2020» et «encouragé tous les athlètes à poursuivre leur préparation.» Un discours officiel et poli qui à l’époque, déjà, répondait à Dick Pound, l’un des membres les plus influents du CIO. Fin février, le Canadien avait évoqué à Associated Press la possibilité d’une «annulation» des Jeux et estimé «qu’il y avait une fenêtre de trois mois, peut-être deux mois, pour décider du sort des Jeux.» Dick Pound fixait un rendez-vous pour fin mai.

S’il y avait annulation des Jeux, le Japon perdrait gros. Très gros. Dans ce cas, une étude d’un groupe bancaire japonais a estimé le coût négatif à plus de 60 milliards d’euros dans le PIB (Produit intérieur brut) de l’archipel, soit une baisse de 1,4%. Le CIO a le pouvoir d’annuler des Jeux olympiques, rappelle l’AFP, «si la sécurité des participants est sérieusement menacée,» indique les textes. «Toute décision sera présentée comme conjointe, mais le gouvernement national a la main», estime Jean-Loup Chappelet, professeur à l’Institut de Hautes Etudes en Administration Publique (IDHEAP) de Lausanne et spécialiste du CIO, note l’AFP. L’espoir viendra peut-être de cette flamme olympique, symbole de chaleur. Certains virologues estiment que l’arrivée des beaux jours pourrait stopper la propagation du virus.

© SportBusiness.Club Mars 2020

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