Environnement défavorable pour Total chez Paris 2024

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Tony Estanguet fera sans Total. Malgré la décision du groupe pétrolier français de ne pas être partenaire des Jeux olympiques de Paris 2024, le président du Comité d’organisation (Cojo) se veut serein. «Nous ne sommes qu’au début de l’aventure avec un programme marketing qui débute», a déclaré l’ancien triple champion olympique en marge d’un point presse consacré à la Journée olympique. «Nous discutons avec beaucoup de grandes entreprises, mais je sais déjà malheureusement que nous ne trouverons pas d’accord avec certaines,» a-t-il ajouté.

Dans le budget d’organisation des Jeux parisiens, les partenaires privés devraient rapporter 1,2 milliard d’euros. Trois niveaux d’engagement sont prévus : le plus élevé doit réunir cinq à six entreprises capable d’investir un budget global de 120 millions d’euros. A ce jour, seul le groupe BPCE a été officiellement annoncé. «Nous sommes à plus de cinq ans des Jeux et pas en retard, a insisté Tony Estanguet. Maintenant, je pense que l’on peut se passer d’une entreprise car on a la chance d’avoir en France un tissu économique très dense, a-t-il poursuivi. Ce sera donc sûrement pas avec Total, mais on s’adapte. En tant qu’ancien sportif de haut niveau, je suis habitué à rencontrer des aléas sur le chemin.»

Paris 2024 symbole de la transition énergétique

Paris 2024 discuterait avec une dizaine d’entreprises, notamment dans le secteur de l’énergie. L’abandon de Total peut être considéré comme un mauvais signal pour les entreprises de ce secteur. Ce peut également être traduit comme un message en direction des entreprises dont une des nécessités est d’adopter une stratégie environnementale claire. «Les Jeux de 2024 peuvent être un symbole de la transition énergétique et c’est important que tous les partenaires qui s’engagent le soit aussi dans cette dynamique», a confirmé Roxana Maracineanu, Ministre des Sports.

«Nous avons besoin des grands noms des entreprises françaises, car l’idée n’est pas d’avoir des Jeux dont les sponsors ne sont que des entreprises étrangères, a ajouté l’ancienne championne de natation. Nous voulons aussi faire valoir les grandes marques que porte la France, ces entreprises qui emploient des milliers de personnes.» Coté finance, la non signature de partenaires premium, excepté BPCE, n’aurait pas de conséquence sur le budget de fonctionnement du Cojo. L’association a initialement contracté trois emprunts d’un total de 97 millions d’euros pour se financer avant l’arrivée prochaine des subventions du Comité international olympique. «Nous avions même prévu aucune entrée d’argent avant 2021», confie-t-on au sein de Paris 2024. Heureusement, les premiers chèques de BPCE sont arrivés au Cojo.

© SportBusiness.Club. Juin 2019


Total n’était « pas intéressé »

L’annonce de la renonciation de Total pour éventuellement devenir partenaire premium des Jeux olympiques de Paris 2024 n’a pas fait l’objet d’un communiqué. C’est Le Monde qui, mardi 4 juin, a rapporté cette information. « La décision a été prise par le président de Total, Patrick Pouyanné, à la suite d’une rencontre avec la maire de Paris, Anne Hidalgo, organisée mercredi 29 mai dans son bureau de l’Hôtel de Ville« , rapporte le quotidien.Cette rencontre, sollicitée par la Ville de Paris, a été confirmée par Emmanuel Grégoire, 1er adjoint à la Maire de Paris. «Total n’a nullement été écarté, mais ils ont indiqué qu’ils n’étaient pas intéressés,» a commenté l’élu parisien. L’engagement environnemental est au cœur du projet de Paris 2024.» Pourtant, indique Le Monde, mercredi 29 mai, lors de l’assemblée générale des actionnaires, le président de Total était optimiste et aurait alors assuré avoir eu «des échanges très constructifs avec le Cojo et Tony Estanguet qui ont conduit à la définition d’un cadre possible d’intervention». Fin mars, selon les informations publiées le 4 avril par Le Parisien, Anne Hidalgo avait écrit à Tony Estanguet pour lui rappeler l’engagement de Paris pour «que le projet [Paris 2024] soit exemplaire sur le plan environnemental.». L’édile parisien visait, sans nommer l’entreprise, Total alors pressentie pour rejoindre le programme marketing de Paris 2024.