Grand Prix de France moto : All Inclusive

Moto

Modèle économique. Claude Michy, l’organisateur du Grand Prix de France moto depuis 1994, n’aime pas parler de ses spectateurs. «Je préfère parler de mes clients,» répond l’homme d’affaires également propriétaire du club de football de Clermont-Ferrand. L’an passé, l’événement Moto GP français était le premier mondial en affluence avec, le dimanche de la course, 105.203… clients. Le total sur trois jours s’est élèvé à 206.617.

«Nous avons la chance d’avoir un produit très spectaculaire mais, surtout, nous avons organisé les contenus pour nos clients, explique Claude Michy. Une fois le billet acheté, ils n’ont rien d’autre à payer car tout est compris : le parking, l’aire de camping, la consigne pour le casque, les animations, le concert, le récepteur radio… Tout est inclus. Une de nos forces est de permettre aux spectateurs de vivre tout leur week-end avec un seul document.»

Le public du Grand Prix de France moto est fidèle : 85% des spectateurs du dimanche sont là pour deux ou trois jours. «En offrant la gratuité aux moins de 16 ans, nous attirons aussi les familles, assure Claude Michy. Résultat : 30% du public sont des femmes.» Un taux important dans l’univers des sports mécaniques. Des tribunes réservées aux supporters des pilotes, l’italien Valentino Rossi ou le français Johann Zarco, ont également été crées : elles font le plein dès l’ouverture de la billetterie.

Un budget de 10 millions d’euros

La « satisfaction client » est un objectif primordial pour l’économie de l’événement car 65 à 70% des recettes de l’organisation vient de la billetterie, sur un budget total un peu supérieur à 10 millions d’euros. «Celui-ci augmente tous les ans de 4 à 5% en raison des charges et des droits payés,» confie Claude Michy dont la société, PHA est contractuellement liée à Dorna, le promoteur du championnat du monde de Moto GP.

«Ils apportent le plateau mais se réservent les revenus audiovisuels et marketing, explique l’organisateur. Ils se chargent aussi de la production TV.» Ainsi, l’accord avec la marque de casques Shark, nouveau partenaire titre du Grand Prix de France, a été géré par Dorna. «Je conserve toutefois des droits pour mes partenaires comme Dunlop ou Motul, par exemple,» poursuit-il.

Le Grand Prix de France moto commercialise aussi des offres d’hospitalité. Au total les partenaires privés contribuent à environ un quart du budget. Les subventions publiques, ville, département et région, se montent à 60.000 euros. «Le Grand Prix de France moto est rentable depuis plusieurs années, précise Claude Michy. Impossible autrement sinon nous serions morts. Et puis je suis Auvergnat…»

© SportBusiness.Club. Mars 2019.