Un portail pour les appel d’offres des GESI.

Le montant fait rêver Bruno Le Maire : 77 milliards d’euros. C’est l’estimation, réalisée par le ministre de l’économie et des finances, du marché potentiel des grands événements sportifs internationaux, les fameux GESI. «Entre maintenant et 2025, ces grandes compétitions sportives vont représenter un budget global estimé au niveau mondial à 255 milliards d’euros, et 30% de ce marché devraient aller à des entreprises étrangères au pays hôte de l’événement, soit un potentiel de 77 milliards», affirme Bruno Le Maire.

Le Ministre s’adresse ainsi aux acteurs économiques du monde du sport, réunis mardi 20 juin lors d’un colloque chargé de leur donner des clés pour exporter. Justement, Bruno Le Maire annonce la création d’un portail chargé de réunir tous les appels d’offres concernant des événements sportifs, en France et à l’étranger. «Face à la complexité pour accéder aux appel d’offres de ces événements, je suis convaincu qu’il y en a beaucoup qui échappent aux entreprises françaises, simplement parce que nous ne sommes pas suffisamment structurés», indique-t-il.

Cet outil, accessible à toutes les entreprises, devrait être disponible d’ici fin 2018, promet le ministre. «Ces grands événements sportifs doivent vraiment être appréhendés par les acteurs économiques comme des marchés de grands contrats, aussi importants que sur d’autres marchés internationaux, avec un appui institutionnel de l’état», insiste Bruno Le Maire, qui précise, «comme par exemple pour la Défense, et je suis bien placé pour en parler».

Le sport, «un enjeu économique déterminant»

Pourquoi ces promesses ? Parce-que le ministre de l’économie et des finances a fait les comptes. «En termes économique c’est un enjeu absolument déterminant pour la France, assure-t-il. Je reprends les chiffres : le sport, c’est une activité de 48 milliards d’euros par an, soit 2% de notre richesse nationale. La croissance est forte, et notre volonté est de gagner 0,25 point supplémentaire d’ici 2022».

Le discours du ministre a bien été entendu par les acteurs de l’économie du sport en France, et, en particulier, par Olivier Ginon, président du groupe GL Events et vice-président de Filière Sport. Ce dernier rappelle aussi que «c’est difficile dans certains pays», et prend en exemple la Coupe du monde de football 2018 : «Nous réalisons 10 millions d’euros de chiffre d’affaires en Russie, quand nous en avons fait 120 millions à Rio pour les Jeux olympiques de 2016 : cherchez l’erreur», lance-t-il. Le patron lyonnais de GL Events, un des leaders mondiaux de l’événementiel sportif, souhaite aller beaucoup plus loin. «Il faut chasser en meute, assure-t-il. C’est pour cela que je propose aux ministres la création d’un GIE avec les entreprises française du sport». Olivier Ginon a Les Jeux de Paris 2024 en tête : «A nous de faire gagner les entreprises françaises». Le patron de GL Events a aussi son rêve.