V&B a soif d’aventure dans la voile

Amarré dans le bassin Paul Vatine au Havre, le grand monocoque V&B – Mayenne des skippers Maxime Sorel et Guillaume Le Brec ne demande qu’à prendre la mer. En attendant dimanche, et le départ de la Transat Jacques Vabre, les couleurs de la grand-voile, où s’affiche le logo du partenaire principal, font écho au bar éphémère installé par V&B à quelques mètres, sur le quai. Dans la capitale normande, l’enseigne de distribution de vins et bières est aussi bien à terre que sur les eaux, et c’est comme ça depuis cinq ans.

«Je ne suis pas du tout voileux, je suis de Château-Gontier, en Mayenne.» Cofondateur de V&B, Jean-Pierre Derouet a mis un pied dans la voile par hasard. «Quand Maxime Sorel est venu nous voir il cherchait à boucler son budget pour la Route du Rhum 2014, raconte le dirigeant. Pourquoi nous ? Parce que son père connaissait et fréquentait le V&B de Rennes.» L’idée a plu à Jean-Pierre Derouet et son associé Emmanuel Bouvet. «Le projet était sympathique et en plus il y avait la référence au rhum, produit que nous vendons aussi,» poursuit le dirigeant.

La première expérience est fructueuse. Le skipper s’est classé 1er en catégorie vintage. «Ca a surtout “matché” entre lui et nous, continue Jean-Pierre Derouet. Du coup, Maxime nous a parlé d’un projet en Class 40… et on a construit un bateau.» Suivront ensuite deux Transats Jacques Vabre dont une remportée en 2017. De quoi pousser les objectifs encore plus haut. «Nous étions obligés de l’accompagner dans cette nouvelle étape en Imoca avec l’objectif du Vendée Globe 2020, affirme-t-il. Nous ne pouvions pas arrêter au milieu du gué

La moitié du budget Imoca

En Imoca, un monocoque de 60 pieds, les budgets sont plus conséquents. V&B a dit d’accord, mais avec un co-partenaire. Les deux patrons de l’enseigne n’ont pas été très loin pour le trouver : le département de la Mayenne, terre de naissance de V&B. «Nous n’avions pas les moyens, et surtout nous ne souhaitions pas prendre des risques financiers,» indique Jean-Pierre Derouet qui assure près de la moitié des 2,4 millions d’euros de budget du projet Imoca / Vendée Globe. C’est loin des des 30.000 euros payés en 2014 pour la Route du Rhum et des 650.000 euros du programme Class 40.

«Nous sommes ravis d’aider un jeune à progresser,» affirme Jean-Pierre Derouet, qui n’oublie pas l’objectif de faire grandir également son enseigne et la faire progresser en notoriété. «Nous sommes passés de 90 magasins en franchises en 2014 à plus de 200 aujourd’hui, mais je suis incapable de dire quel a été le rôle du sponsoring dans cette progression,» ajoute-t-il. V&B est également présent en publicité dans le football au FC Nantes et à Rennes, et le rugby avec Pau.

Depuis 2014, V&B a également structuré ses actions. Au Havre, la marque a signé un partenariat avec l’organisation de la Transat Jacques Vabre et a installé un bar éphémère sur le quai, à proximité, donc, du monocoque V&B – Mayenne. «L’opération n’est pas forcément rentable, mais nous voulions recréer un de nos bars où l’ambiance est conviviale,» indique Jean-Pierre Derouet. Un lieu d’expérience ouvert à tous… sauf aux marins qui dès dimanche auront une route de 8.000 kilomètres à tracer pour rejoindre le Brésil.

©️ SportBusiness.Club Octobre 2019


Que dit la loi Evin ?

Enseigne de vins et de bières, V&B affiche son logo en gros sur le bateau et les voiles de l’Imoca de Maxime Sorel. Pourtant, en France, la loi Evin réglemente la publicité des marques d’alcool. «Aucun soucis, assure Jean-Pierre Derouet, co fondateur de V&B. Nous ne sommes pas une marque d’alcool mais une enseigne de distribution comme Carrefour ou Leclerc qui vendent aussi de l’alcool.» Sur le fronton du bar éphémère installé dans le Village de la Transat Jacques Vabre au Havre, le logo de la marque est accompagné des mots “vins et bières”. Ils disparaissent, en revanche, sur le bateau et sont remplacés par des étoiles.