Cent millions pour décrocher l’Or

Paris 2024

L’Agence nationale du sport (ANS) dévoile sa stratégie pour développer le haut niveau et le budget associé à cet objectif : 100 millions d’euros annuels pour donner les meilleurs moyens aux athlètes tricolores de décrocher l’or dans moins de quatre ans, aux Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024. Cette enveloppe provient des 90 millions inscrits dans le budget 2021 du ministère chargé des Sports, auxquels s’ajoutent 10 millions supplémentaires trouvés grâce à des réallocations au sein de l’Agence ou l’ouverture à de nouvelles recettes, notamment venant du secteur privé.

Ce budget, en grande partie versé aux fédérations sportives, sera chargé d’aider la préparation des quelques 22 000 athlètes français répertoriés en haut-niveau. Le programme de l’Agence, baptisé Ambition Bleue, les a classé en trois catégories : de « C » les espoirs médaillables à moyen terme, à « A » les médaillables probables. C’est sur ce dernier groupe, estimé à 400 athlètes, que seront concentrés les efforts.

« Cette liste est en construction, explique Claude Onesta, le patron de la haute performance au sein de l’ANS. Ces sportifs là cherchent du cousu main pour leur préparation. Nous allons pouvoir passer du prêt-à-porter à la haute couture ». Au-delà du sportif, l’accompagnement de ses athlètes se fera sur plusieurs domaines : l’approche scientifique, la recherche, l’optimisation des sciences du sport, l’approche mentale et psychologique, le traitement des données…

Regarder aussi le ROI

Un Sport Data Hub, créé à l’Agence, sera chargé d’aider les sportifs et leur encadrement à mieux analyser, comprendre et lire les données. La synergie des moyens et la mutualisation des études permettra également de mieux évaluer et comparer les résultats. « Ce programme doit permettre à l’athlète de lui apporter une sérénité, affirme Frédéric Sanaur, Directeur général de l’ANS. Ce sera le cas pour l’après carrière qui sera pris en compte. Ces moyens doivent aussi construire des individus »

Pour les dirigeants de l’Agence nationale du sport, ces 100 millions d’euros seront un investissement qui devra appeler un retour sur investissement (ROI). « Réussir des Jeux olympiques signifie les réussir d’un point de vue organisationnelle et sportivement, précise Frédéric Sanaur. Nous allons optimiser les performances, mais aussi rationnaliser ces financements. Le ROI se calculera en médailles, mais également en augmentation de la pratique sportive au sein de la population » Un avis partagé par Claude Onesta : « Ce que l’on en retira sera difficilement quantifiable car les retombées seront pour tout l’écosystème du sport, estime-t-il. Les médailles ne seront qu’un élément révélateur d’une forme de santé ».

© SportBusiness.Club Octobre 2020


Combien de médailles ?

Claude Onesta, le patron de la haute performance à l’Agence nationale du sport, ne s’est pas livré au jeu des pronostics concernant l’objectif de médailles à décrocher lors des Jeux de Paris 2024. « A l’époque, Laura Flessel, alors ministre des Sports, avait annoncé 80 médailles, raconte-t-il. C’est beaucoup trop. Nous partons de 40. Mais cette déclaration a eu le mérite d’engager cette nécessaire transformation du sport français ». Claude Onesta parie plutôt sur l’amélioration des résultats. « On peut rester avec le même nombre de médailles, mais il faudrait que les seconds deviennent premiers, et ça c’est difficile, explique-t-il. Mon objectif est d’entrer dans le Top 5 mondial ». La France avait terminé 7e nation aux Jeux de Rio 2016.