Chronique : aux Jeux, la délégation française envoie les couleurs

Par Alain Lunzenfichter*. C’est un contingent de moins de 400 athlètes tricolores qui s’envolera dans quelques jours pour le Japon et les Jeux olympiques de Tokyo. A moins d’un mois de la cérémonie d’ouverture, le 23 juillet dans le stade olympique de la capitale japonaise, le Comité national olympique et sportif français (CNSOF) s’apprête à confirmer les propositions présentées par les des fédérations nationales.

La délégation française ne devrait pas dépasser les 392 athlètes comme ce fut le cas il y a cinq ans pour les Jeux de Rio, au Brésil. Elle sera certainement moins importante. En revanche, dans un peu plus de trois ans, ce devrait être près de 500 athlètes qui devraient défendre les couleurs de la France aux Jeux de Paris 2024. Peut-être même plus. Malgré tout, le record de participation de tricolores aux J.O. ne sera pas battu. Celui-ci date des Jeux de 1900, les premiers de Paris. Lors de cette édition, les deuxièmes Jeux de l’histoire moderne, la France fut représenté par 748 athlètes, dont 14 femmes.

Lors de ces Jeux de Paris 1900, les athlètes françaises représentèrent plus de 60% de la participation féminine sur l’ensemble de ces Jeux. Patrie de Pierre de Coubertin, la France peut également se targuer d’un autre record : avoir, comme l’Australie et la Grande-Bretagne, participé à toute les éditions des Jeux depuis leur création. Mais pour cela, notre cher pays peu dire merci au marathonien Albert Corey, unique représentant tricolore lors des Jeux de 1904 à Saint Louis, aux Etats-Unis.

Depuis 1896, et en comptant la participation française aux Jeux intercalaires d’Athènes en 1906, ce sont exactement 6 286 athlètes1 qui ont défendu les couleurs de la France depuis 125 ans. Jeux d’hiver et été cumulés. Douze2 ont même “redoublé” plusieurs fois en participant aux compétitions olympiques à cinq reprises. Ce record sera sans nul doute battu cet été à Tokyo par la lanceuse de disque Mélanie Robert-Michon. Elle sera alors la seule athlète française avec six sélections olympiques. La première remonte à 2000, à Sydney, en Australie.

Le fait que ce record soit détenu par une femme montre par ailleurs un réel changement de mentalité. Il faut rappeler que la délégation française ne comportait aucune femme lors des premiers Jeux de l’ère moderne en 1896. à Athènes.. comme tous les autres nations présentes en Grèce, d’ailleurs. Mais, ce fut également le cas en 1904 à Saint-Louis et en 1908 à Londres. En 1912, à Stockholm, il n’y en qu’une seule française aux Jeux. Elles furent huit en 1920 à Anvers et six en 1932 à Los Angeles.

Il a fallu attendre plusieurs années, durant les Jeux du Centenaire, à Atlanta, en 1996 pour voir la participation féminine française dépasser la barre des cent sélectionnées dans la délégation française : elles furent 102 aux Etats-Unis. La parité entre hommes et femmes n’a encore jamais été atteint au sein de l’équipe de France olympique français. C’est le pas pour 9 nations sur 10 d’ailleurs. En 2016, aux jeux de Rio de Janeiro, les femmes représentaient 42,60% du contingent global. C’est, à ce jour, le record.

Une dernière statistique. Deux escrimeurs sont les recordmen de médailles olympiques pour les Français : Roger Ducret et Philippe Cattiau. Le premier a gagné huit médailles olympiques, dont trois en or, entre 1908 et 1928. Le second a également décroché huit médailles, dont trois dans le plus beau métal, mais ce fut entre 1920 à 1936. Ces deux records ne seront pas améliorés à Tokyo cet été. Toutefois, au japon, la délégation française tentera de battre son record médailles. Celui-ci date des Jeux de Pékin (Chine) en 2008 une édition durant laquelle le camp tricolore a récolté 43 médailles. Mais, c’est en oubliant volontaire les Jeux de Paris 1900 où les tricolores trustèrent 101 médailles.

Alain Lunzenfichter
© SportBusiness.Club Juin 2021

(1). Les sports les plus représentés entre 1896 à 2016 c’est 840 participants en athlétisme, 469 en aviron, 463 escrimeurs, 347 nageurs sachant qu’il n’y a eu seulement six sports au programme de tous les sports depuis 1896.
(2) Jeannie Longo, Frank Dumoulin, Jean-Pierre Amat, Philippe Cattiau, Patrick Chila, Dominique d’Esme, Pierre-Jonquéres D’Oriola, André Jousseaume, Jacques-Baptiste Lebrun, Jacques Lefèvre, Raoul Paoli, Mélanie Robert-Michon.

(*) Alain Lunzenfichter est un des créateurs de la revue Courir en 1977. Journaliste, il a été rédacteur en chef adjoint de L’Equipe. Ancien président de l’association mondiale des journalistes olympiques, il est gloire du sport français et membre de l’Académie des sports.