Chronique. Coubertin reste le recordman

Siège du Comité international olympique à Lausanne, en Suisse

Par Alain Lunzenfichter. Thomas Bach a été réélu très facilement pour un second mandat de quatre ans à la tête du Comité International Olympique (CIO). C’est la première fois qu’un président du CIO est élu en visioconférence. Par correspondance, ce fut le cas en partie pour l’élection du Comte de Baillet Latour en 1933. Internet n’était pas encore né à cette époque.

L’Allemand terminera son mandat en 2025, après douze ans de présidence, comme son prédécesseur, le Belge Jacques Rogge. C’est à la suite du changement de règlement en 2000, mettant fin à la possibilité de multiples mandats à la présidence, mais imposant aussi la limite d’âge de ses membres à 70 ans. C’est pour cela que Pierre de Coubertin restera à jamais le recordman du plus long règne à la présidence du CIO. Avec 29 ans à la tête du mouvement olympique, il point loin devant l’Espagnol Juan Antonio Samaranch et ses 21 ans de pouvoir.

Il faut bien avouer que le baron a profité d’un changement de règlement au début du XXe siècle. En effet, au départ chaque organisateur des Jeux Olympiques devenait à tour de rôle président du CIO. Ainsi le Grec Vikelas a pris la première présidence du CIO de 1894 à la fin des Jeux d’Athènes en 1896. Coubertin prenait la suite de 1896 à 1900. Pourtant, lorsque arriva le tour de l’Américain William Sloane pour les Jeux de 1904, celui-ci refuse. Du coup, ce dernier propose que Pierre de Coubertin soit élu à vie, ce qui le Français refuse. Néanmoins, il accepte un mandat de six ans.

Il faut également noter que le Suisse Godefroy de Blonay fut brièvement en charge des affaires courantes du CIO au cours de la première guerre mondiale à la demande de Pierre de Coubertin. Ce dernier s’était enrôlé dans le service actif de l’armée française et ne pensait pas pouvoir poursuivre ses activités olympiques durant son engagement. Sa présidence n’a jamais été comptabilisée pour une simple raison : Godefroy de Blonay n’avait pas été élu à ce poste.

Si Sigfrid Edström fut élu par acclamations en 1946, comme Avery Brundage en 1960, le spécialiste de ce plébiscite reste Juan Antonio Samaranch élu ainsi en 1989, puis réélu 1993 et 1997. Trois Français se sont présenter sans succès à la présidence du CIO : le Comte Justinien de Clary et le Marquis Melchior de Polignac en 1925, ainsi que le Comte Jean de Beaumont en 1972.

© SportBusiness.Club Mars 2021

Alain Lunzenfichter est un des créateurs de la revue Courir en 1977. Journaliste, il a été rédacteur en chef adjoint de L’Equipe. Ancien président de l’association mondiale des journalistes olympiques, il est gloire du sport français et membre de l’Académie des sports.


Les présidents du Comité international olympique

  1. Demetrius Vikelas (Grèce) 2 ans (1894-1896)
  2. Pierre de Coubertin (France) 29 ans (1896-1925)
  3. Comte Henri de Baillet-Latour (Belgique) 17 ans (1925-1942)
  4. Sigfrid Edström (Suède) 4 ans par intérim (1942-1946)
  5. Sigfrid Edström (Suède) 6 ans (1946-1952)
  6. Avery Brundage (Etats-Unis) 20 ans (1952-1972)
  7. Lord Killanin (Irlande) 8 ans (1972-1980)
  8. Juan Antonio Samaranch (Espagne) 21 ans (1980-2001)
  9. Jacques Rogge (Belgique) 12 ans (2001-2013)
  10. Thomas Bach (Allemagne) 12 ans (2013-2025).