Chronique. Le March Madness rend fou les Etats-Unis

Par Boris Helleu*. C’est l’événement sportif aux Etats-Unis où même les anciens présidents se risquent à faire des paris publics sur Twitter. C’est le cas de Barack Obama qui comme des millions d’autres américains se passionne pour le March Madness. Il s’agit de la phase finale du championnat universitaire de basket-ball nord américain. Elle rassemble les 64 plus fortes équipes masculines. Organisée par la très puissante NCAA (National Collegiate Athletic Association), la compétition est un des temps forts du calendrier sportif outre-Atlantique. Son diffuseur officiel, CBS, n’hésite pas à payer 800 millions de dollars de droits (677 millions d’euros) pour retransmettre les matchs.

Le montant du chèque est élevé, mais la chaîne du groupe Viacom CBS a fait ses comptes : un milliard de dollars (845 millions d’euros) de recettes publicitaires est espéré. Aux Etats-Unis, même si l’on parle de sport universitaire, le business n’est jamais très loin. Les rencontres du March Madness, qui a débuté jeudi 18 mars et se conclura lundi 5 avril, devraient être regardées par plus de 20 millions de téléspectateurs. C’est sans compter plus de 100 millions de vues sur les plateformes de streaming. Et tout ce beau monde n’hésite pas à parier : pour la dernière édition, 47 millions de dollars (39,7 millions d’euros) d’enjeux avaient été enregistrés par les sites de jeux.

Un Français vainqueur ?

Cette année, crise sanitaire du covid-19 oblige, les 63 matchs de la phase finale se disputent dans un lieu unique, à Indianapolis. Une bulle sanitaire a été mise en place autour des équipes. Pas de quoi décourager les Américains friands du Bracket. Cette tradition consiste à deviner les vainqueurs de tous les matchs ! Un vrai casse-tête dans lequel s’est donc risqué Barack Obama. Officiellement, il n’y a rien à gagner. Il suffit de publier l’ensemble de ses pronostics sur un réseau social avant le début du March Madness. Toutefois, l’homme d’affaires Waren Buffett, très joueur lui aussi, a promis 1 million de dollars à qui aurait deviné tous les résultats. Pour moi, ce ne sera pas cette fois-ci : j’ai déjà commis des erreurs.

Enfin, cette année l’événement revêt également un certain intérêt en France à cause des Bulldogs de Gonzaga. L’équipe représente l’université américaine éponyme située dans l’Etat de Washington, au Nord-Ouest du pays. Ce sont les grandissimes favoris de la compétition grâce, notamment, aux performances du jeune espoir français Joël Ayayi. A 21 ans, le Bordelais vise son premier titre majeur. S’il arrive en finale, il devrait braquer les projecteurs des médias français sur le March Madness.

© SportBusiness.Club Mars 2021

(*) Boris Helleu est Maître de conférences à l’Université de Caen Normandie. Il y dirige le master Management du Sport. Spécialiste de marketing du sport, connaisseur des sports US, ses recherches portent sur la “fan-expérience” et la numérisation du spectacle sportif. Il anime le blog Hell of a Sport.