Chronique. Pourquoi la France soutient l’équipe olympique des réfugiés

Par Alain Lunzenfichter. A l’aube des années 1990 nous avons eu droit aux athlètes olympiques indépendants. Certains sortaient d’un pays en guerre, et d’autres pâtissaient d’une suspension de leur Comité national olympique par le CIO (Comité international olympique). Ce fut le cas, notamment, du Timor Oriental, des pays de l’ancienne Yougoslavie, de l’Inde ou, même, du Koweït. Pour eux, le CIO a créée en 2015 une équipe olympique, celle des réfugiés. Leur première participation aux Jeux olympiques est récente : en 2016, à Rio-de-Janeiro (Brésil). Certains athlètes avaient fui le Moyen-Orient, d’autres l’Afrique. Quelques-uns étaient encore enfants. D’autres avaient déjà démarré une carrière professionnelle.

Avec le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, le CIO a permis à dix athlètes (deux nageurs, deux judokas, un marathonien et cinq coureurs de demi-fond), originaires d’Éthiopie, du Soudan du Sud, de Syrie et de la République démocratique du Congo, de participer aux JO de 2016. Aucun n’arriva dans les premières places, mais là n’était pas le plus important. Le plus important pour cette équipe, dirigée par l’ancienne recordwoman du monde du marathon, la Kenyane Tegla Loroupe, était de représenter les 70 millions de réfugiés dans le monde.

Aujourd’hui, ces dix athlètes poursuivent leurs entrainements, toujours avec l’aide du CIO qui, en 2017, a créé “l’Olympic Refuge foundation” (ORF) . Depuis, la solidarité olympique soutient la formation de 55 athlètes réfugiés, boursiers, dont l’espoir est de participer aux Jeux de Tokyo, l’été prochain. Ils viennent de treize pays, représentent douze sports et sont accueillis par vingt-et-un Comités nationaux olympiques sur les cinq continents. Le CIO va même plus loin. L’ORF utilise désormais le sport pour protéger et accompagner les jeunes touchés par les déplacements de populations à travers le monde. L’instance sportive mondiale croit en une Société où chacun peut trouver sa place grâce au sport. Actuellement, 200 000 jeunes de six pays bénéficient des programmes sportifs destinés à améliorer leur bien-être et leur inclusion sociale.

C’est dans cette optique et dans le cadre des Jeux olympiques de Paris 2024, que la ministre déléguée chargée des Sports, Roxana Maracineanu, elle-même médaillée olympique, s’est déplacée le 15 février dernier à Lausanne, au siège suisse du CIO, pour signer un accord de coopération avec le Comité olympique. Un geste et un engagement qui confirment le soutien financier de la France aux travaux de l’ORF.

© SportBusiness.Club Mars 2021

Mise à jour, jeudi 11 mars 2021. Lors de la 137e session du Comité international olympique, James Macleod, directeur de la solidarité olympique, a indiqué que le montant versé par la France à l’Olympic Refuge foundation s’élevait à 1 million d’euros.

Alain Lunzenfichter est un des créateurs de la revue Courir en 1977. Journaliste, il a été rédacteur en chef adjoint de L’Equipe. Ancien président de l’association mondiale des journalistes olympiques, il est gloire du sport français et membre de l’Académie des sports.