Chronique. Tokyo 2020 attend un retour de flamme

Par Alain Lunzenfichter. Jeudi 25 mars débutera le relais de la flamme olympique de Tokyo 2020. Il partira de Fukushima, au Nord de l’archipel, soulignant ainsi le rôle de l’événement les « Jeux olympiques de la reconstruction ». Il s’agit d’un hommage aux efforts de réhabilitation dix ans après le séisme, le tsunami meurtrier et la catastrophe nucléaire de 2011 qui a endeuillé le Japon.

La torche passera entre les mains de 10 000 élus et traversera 859 villes japonaises avant d’arriver dans la capitale et d’entrer dans le nouveau stade olympique. Ce sera vendredi 23 juillet 2021 après un relais qui aura va être organisé dans des conditions bien particulières en raison de la pandémie, avec le respect stricte des gestes barrières, sous peine de le voir s’arrêter. Pour le public, pas question de crier pour encourager les relayeurs : seuls les applaudissements seront admis.

L’histoire du relais de la flamme est longue. C’est Carl Diem, secrétaire général du Comité d’organisation des Jeux Olympiques de Berlin en 1936, qui proposa l’idée d’allumer la flamme sur les lieux mêmes où les Jeux Olympiques étaient nés : en Grèce, à Olympie. Le projet de relais de la flamme olympique, d’Olympie à Berlin, présenté par le membre du CIO allemand Théodore Lewald, fut approuvé le 18 mai 1934. Depuis les Jeux de Berlin, et lors de chaque olympiade, le monde assiste donc à ces relais. De plus en plus spectaculaire, l’événement rassemble toujours plus de coureurs… et de spectateurs.

Depuis 1936 la flamme a voyagé sous l’eau, en surf, en barque, à cheval, en voiture, à moto, en Concorde, à dos de chameau, à ski nautique, à bord d’un vaisseau Soyouz, à bicyclette, en canoë et elle a même été portée jusqu’au sommet de l’Everest à 8 849 mètres d’altitude, avec l’aide d’une lampe de mineur spécialement conçue à l’occasion.

En 2004, pour les Jeux d’Athènes, un relais de 78 jours fut organisée. La torche a parcouru 78 000 kilomètres, en passant par toutes les villes olympiques du passé. A Pékin, en 2008, les organisateurs avaient également prévu un parcours international. Mais celui-ci a été sérieusement contrarié en raison de nombreux incidents ayant émaillé le parcours, en particulier des manifestations hostiles au régime chinois. Même à Paris. En réaction, le Comité international olympique (CIO) a décidé de mettre fin au relais à l’international.

Aujourd’hui, le relais de la flamme est devenu un événement à part entière. Et qui fait recette grâce à des sponsors séduits par cette activation populaire. Le plus ancien d’entre eux, Coca-Cola, présent sur les Jeux olympiques depuis 1928, a, bien entendu, été l’un des premiers à adjoindre sa marque au relais de la flamme. A Rio, en 2016, le soda était accompagné par le constructeur auto et la banque Bradesco. Mercredi, au Japon, Coca-Cola sera encore là, à Fukushima, accompagné par dix autres marques.

© SportBusiness.Club Mars 2021

Alain Lunzenfichter est un des créateurs de la revue Courir en 1977. Journaliste, il a été rédacteur en chef adjoint de L’Equipe. Ancien président de l’association mondiale des journalistes olympiques, il est gloire du sport français et membre de l’Académie des sports.


Tokyo 2020: partenaires du relais de la flamme

  • Presenting Partners :
    • Coca-Cola
    • Toyota
    • Nissay Nippon Life
    • NTT
  • Supporting Partners
    • Panasonic
    • Eneos
    • All Nippon Airways (ANA)
    • Japan Post
    • Japan Airlines
  • Associating Partners
    • Visa
    • NEC