Et si le CIO préparait l’annulation de Tokyo 2021 ?

Tokyo et le Japon organiseront-ils un jour les Jeux olympiques de 2020 ? La question mérite d’être posée car, coup sur coup, le président du Comité international olympique (CIO), Thomas Bach, et l’un des membres éminents de l’institution, l’Australien John Coates, ont officiellement fait part d’une possible annulation pure et simple de l’événement. Initialement prévus du 24 juillet au 9 août 2020, les Jeux ont été reportés d’une année, quasiment aux mêmes dates, à cause de la pandémie du coronavirus.

Acte 1. Mercredi 20 mai. Interrogé par la BBC, le patron du CIO évoque à demi-mots la possibilité d’une annulation. Thomas Bach confie comprendre la déclaration du Premier ministre japonais, Shizo Abe, qui parle de « dernière option » quand il fait référence à l’organisation en 2021 des Jeux. « Franchement, je comprends cela car vous ne pouvez pas employer indéfiniment 3 000 ou 5 000 personnes dans un comité d’organisation », a déclaré le président du CIO. Thomas Bach a également précisé que les Jeux d’hiver de Pékin 2022 se dérouleraient à peine six mois après ceux d’été de Tokyo.

Acte 2. Jeudi 21 mai. Invité par les journalistes des médias australiens du groupe News Corp, John Coates, président de la Commission de coordination des Jeux de Tokyo 2020, est plus clair dans ses propos : « Les Jeux ne peuvent avoir lieu qu’en 2021, a affirmé le président du comité olympique australien. Nous ne pouvons plus les reporter et nous devons supposer qu’il n’y aura pas de vaccin ou, s’il vaccin il y a, il ne sera pas suffisant pour que le monde entier se le partage ».

Plus de 200 pays aux Jeux

Pour justifier la difficulté de reporter un événement comme les Jeux d’été, John Coates a mis en avant le gigantisme d’une telle organisation. « Nous avons 11 000 athlètes, 5 000 officiels et entraîneurs, 20 000 journalistes, le comité d’organisation emploie 4 000 personnes et il aura 60 000 bénévoles, a-t-il détaillé. Cela fait beaucoup de monde ». D’autant que la très grande majorité ne sera pas japonais et viendra spécialement de la planète entière dans l’archipel pour participer ou assister aux Jeux.

« C’est certainement ici que se situe la plus grande incertitude pour le CIO, reconnaît un observateur du mouvement olympique. L’an prochain, l’épidémie pourrait être stoppée dans certains pays et pas dans d’autres ! Comment gérer cela ?» Une perspective sérieusement envisagée par le CIO. « Nos athlètes viennent de 206 pays », a précisé John Coates. L’hypothèse de l’annulation des Jeux de Tokyo est donc un projet réel au sein du CIO. Même si cette décision ne revient qu’au pays hôte, le mouvement olympique prépare le terrain à la possibilité de tirer un trait sur Tokyo 2020. John Coates, lui, a donné rendez-vous aux médias australiens en octobre prochain pour le troisième acte. Tout le monde espère une fin heureuse.

© SportBusiness.Club Mai 2020