François Pesenti se branche chez Sportall

Arrivée de choix à Sportall. L’ancien directeur général de RMC Sport, François Pesenti, rejoint la plateforme de diffusion OTT française spécialisée dans les programmes sportifs. Baptisée le “DAZN français”; Sportall, lancé à l’automne dernier, a récemment levé 1,3 million d’euros afin de poursuivre son développement. L’arrivée de François Pesenti doit permettre à la start-up d’accélérer la production de contenus et les accords de diffusion. Sportall a déjà signé avec une trentaine de fédérations sportives françaises. Désormais, ce sont les événements premium qui sont visés.

Quel sera votre rôle chez Sportall ?

François Pesenti : « J’arrive en renfort du comité stratégique pour y développer l’offre et la partie éditoriale de la plateforme. Je suis, à ce jour, prestataire et conseiller. L’objectif est d’aller vers des contenus premium, et des sports comme le football, le rugby ou l’auto, que l’on pourra couvrir sous différentes formes. Aujourd’hui, l’accès à l’ensemble de Sportall est gratuit. Demain, tout se fera via une “market place” avec des contenus payants supplémentaires. Les ressources de Sportall reposent sur la publicité et les abonnements. Nous développons aussi du “revenu sharing” avec nos partenaires ayant-droits ».

Pourquoi, selon vous, le modèle de Sportall a de l’avenir ?

F.P. : « Parce que ses créateurs ont déjà pu délivrer un produit qui fonctionne. En dehors des grands operateurs audiovisuels que l’on connaît, cela fait 3 ou 4 ans que l’on parle de ces plateformes. Aujourd’hui, Sportall existe et dispose d’une équipe performante. Ce type d’application n’existait pas sur le marché et on peut être fier du travail de cette entreprise française de la sportech. Elle dispose de toutes les solutions pour développer et diffuser des contenus audiovisuels. Sportall peut être une belle plateforme pour le sport français qui propose aussi beaucoup d’autres services, notamment de la production. Sur certains sports ou événements, je suis moi-même étonné par les audiences, comme la lutte qui a attiré plus de 60 000 téléspectateurs. C’est incroyable ».

Comment l’expliquez-vous ?

F.P. : « Nous voyons à quel point aujourd’hui la mutation du marché s’accélère entre les chaînes payantes et les plateformes de diffusion. C’est le bon moment pour le sport français de basculer dans la diffusion numérique. Demain, cela sera une vraie alternative pour beaucoup de sports et d’événements. Cela va leur permettre de retrouver de la valeur avec leurs compétitions ou leurs athlètes. Ils disposeront d’un modèle économique. Sportall sera aussi un outil qui jouera un rôle important dans la montée en puissance des Jeux de Paris 2024 ».

Quels sont vos premiers objectifs ?

F.P. : « Nous allons voir toutes les ligues, les fédérations et les organisateurs du marché. Nous voyons aussi les athlètes car ils incarnent leur sport et en font la promotion. A nous de les accompagner avec du storytelling ».

Envisagez-vous de répondre à l’appel d’offres de la Ligue de football professionnel ?

F.P. : « Nous avons vocation à répondre aux différents appels d’offres qui se présentent, mais nous y irons avec des propositions innovantes. Pour la LFP, nous en avons discuté en interne et Sportall pourrait apporter des solutions et des process différents et nouveaux. Plus généralement, j’ai toujours conseillé aux ayants droit de diversifier leurs canaux de diffusion. Sportall peut permettre à un événement d’être plus accessible auprès des jeunes qui sont dans la culture des applications. Nous pouvons aussi mettre en place des solutions d’abonnement sur-mesure, pour une série de matchs ou un club ».

© SportBusiness.Club Janvier 2021