Ligue des Champions : «A Lisbonne, tout est resté totalement cloisonné»

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Dimanche 23 août, à 21h00, c’est depuis les studios parisiens de RTL* que Philippe Sanfourche commentera la finale de la Ligue des Champions entre le Paris Saint-Germain et le Bayern Munich. Le journaliste a passé près de deux semaines à Lisbonne pour la phase finale de la compétition européenne. Au Portugal, il a vécu de l’intérieur les épopées du PSG et de l’Olympique Lyonnais (demi-finale) dans une compétition où les règles sanitaires imposées par l’UEFA pour lutter contre l’épidémie de covid-19 ont placé les joueurs et les équipes dans une bulle impénétrable. Le journaliste explique ses conditions de travail particulières.

Comment s’est passé le travail d’un journaliste à Lisbonne pour ce Final 8 de la Ligue des Champions ?

Philippe Sanfourche : « Clairement, je suis resté une dizaine de jours à Lisbonne et je n’ai jamais eu accès, même visuellement, aux joueurs et aux membres du staff. Tout est resté totalement cloisonné. Nous n’avions pas accès à la zone mixte d’après-match malgré notre accréditation. Celle-ci n’autorisait seulement qu’à pénétrer dans le stade et s’installer en tribune presse. Les conférences de presse étaient réalisées en visio via une plateforme vidéo mise en place à l’occasion par l’UEFA. Nous avions la possibilité de poser une question via l’ordinateur. Cette dématérialisation n’est évidemment pas pareil qu’une conférence en physique ».

Vous n’aviez pas d’autres possibilités pour avoir des informations ? Vous ne pouviez pas contacter les joueurs par téléphone ?

P.S. : « Les clubs, que ce soit le PSG ou Lyon, ont été conscients des contraintes et ont plutôt bien joué le jeu avec les journalistes. Les responsables de communication et de presse ont été très disponibles et très réactifs. Ils nous donnaient beaucoup d’informations au quotidien. Cela se passait notamment via des groupes WhatsApp. Après, les coups de fil avec les joueurs ou les membres du staff, c’est un peu le même schéma de celui que l’on pratique toute la saison. Sur ces points, l’UEFA n’a pas essayé de faciliter notre tâche. Ils ont cherché à cloisonner les choses au maximum. Si, une fois quand même nous avons eu accès physiquement à Juninho [directeur sportif de l’Olympique Lyonnais] lors d’une séance d’entraînement. Lyon a dû expliquer en long et en large aux représentants de l’UEFA que c’était important de nous laisser entrer. L’UEFA ne le souhaitait pas, malgré toutes les précautions sanitaires et de distanciations que nous prenions ».

Ces restrictions d’accès aux athlètes ont-ils eu des conséquences sur la qualité de la couverture éditoriale ?

P.S. : « Je ne le trouve pas. En fait, ce sont des cas de figure que l’on connaît. Je couvre le PSG depuis des années et j’ai vu ce glissement s’opérer : il y a de moins en moins de possibilité de parler aux joueurs. Malheureusement, ces cloisonnements ce sont des conditions que l’on subit déjà. Ce qui peut avoir une influence, en revanche, c’est le jour du match, dans le stade. Quand, lors d’une demi-finale de Ligue des Champions commence à résonner l’hymne de la compétition et que l’on prend conscience que l’on est seulement 500 personnes dans une enceinte qui peut en contenir plus de 60 000, là, on ressent un décalage. C’est même un côté un peu délirant. On se dit : “ce n’est pas normal, ce n’est logique”. Mais bon, il faut passer outre ».

Comment commenter un match à huis-clos, alors ? Est-vous plus sur la retenue ?

P.S. : « Cette situation peut effectivement paraître bizarre, mais maintenant on a un “logiciel de fonctionnement” et quand on se met en route on arrive à oublier cette situation. C’est un peu comme pour une petite affiche en Ligue 1 et qu’il n’y a pas grand monde dans le stade. On entre dans le jeu et si le spectacle est bon on finit par oublier. Mais c’est vrai qu’il faut toujours un déclencheur au début et se dire qu’il faut mettre du dynamisme ».

Cet épisode historique en Ligue des Champions avec deux clubs français en demi-finale peut-il profiter à l’image du foot français, selon vous ?

P.S. : « Oui, mais cela n’exonère pas les clubs de devoir confirmer. Si c’est pour qu’ils soient tous balayés dans la phase de poule la prochaine saison, cela n’aura servi à rien. Ça ne garantie rien sur le long terme, mais cela rééquilibre un peu une anomalie : que le foot français ne soit pas plus souvent présent à ce niveau là. Même si l’on sait que notre championnat n’est pas le plus performant que l’on attend pas une victoire en coupe tous les deux ans ».

Quel est votre pronostic pour la finale dimanche ?

P.S. : « Je suis obligé de dire que Paris va l’emporter. Je vois beaucoup de buts et de spectacle avec un score final à 3 partout et le PSG qui gagne aux tirs au but ».

(*) Samedi matin, RTL a refusé de payer les droits audiovisuels réclamés par l’UEFA pour couvrir la finale en direct depuis le Stade de la Luz à Lisbonne.

© SportBusiness.Club Août 2020