Dans la peau du 277e mondial

Tennis

Kenny de Schepper

Ses deux mètres trois ne se déploieront pas à Roland-Garros cette année. Kenny de Schepper, 32 ans et 277e mondial ne sera pas au rendez-vous de la Porte d’Auteuil cette année. «Je reviens de blessure et la dead-line est passé, regrette-t-il. Je suis trop loin dans le classement aujourd’hui pour prétendre à jouer les qualifications. je vais chercher un tournoi challenger à la même période

Professionnel depuis 2010, Kenny de Schepper court les tournois à la pêche aux points ATP synonymes d’un meilleur classement et de qualifications plus faciles pour des tournois plus importants. Le tennisman gère directement sa logistique et ses finances. «Lors d’un tournoi, nous sommes logés mais les frais de déplacement sont à notre charge», explique-t-il. Autant dire que le joueur y regarde à deux fois avant de partir au bout du monde avec le risque d’être rapidement éliminé. «Je sais quand j’arrive, jamais quand je repars, indique-t-il. Du coup, le billet retour est toujours flexible

Quelques fois, les primes remportées ne couvrent pas les frais de déplacement. «Mais il faut que je joue en ce moment, confie Kenny de Schepper. Je suis dans l’investissement.» Le tennisman, a cumulé plus de 1,6 million de dollars (plus de 1,4 million d’euros) depuis le début de sa carrière selon les comptes de l’ATP. En 2018, le joueur originaire de Toulouse a touché 97.221 dollars (87.050 euros). Sur ce montant, imposable, il paie son entraîneur et finance tous ses déplacements.

Les sponsors se concentrent sur le Top 50

«Mes seuls revenus sont le prize-money, confie-t-il. Les portes des sponsors ne commencent à s’ouvrir qu’à partir de 100e place mondiale, et ça reste même difficile jusqu’à la 50e place.» Aujourd’hui, Kenny de Schepper, ex-62e mondial, ne bénéficie que d’un seul contrat : Head. «Ils m’ont toujours soutenu, mais désormais je n’ai seulement qu’une dotation en matériel, témoigne-t-il. Asics m’équipait dans le passé. Maintenant je m’achète mes chaussures.»

Kenny de Scheppers s’est séparé de son agent et avoue que les réseaux-sociaux ce n’est pas son truc. «Je n’ai que Facebook, que je gère moi-même, précise le joueur. C’est intéressant car c’est là que je vois que je suis soutenu.» Pour l’image, le tennisman parie plutôt sur les résultats. «Plus on monte dans les classements, plus on gagne logiquement en visibilité, assure le joueur. J’ai tout mis de côté, et je suis dans une logique de progression.» Prochain objectif : Wimbledon. Kenny de Schepper espère que là_bas l’herbe sera enfin plus verte pour lui.

© SportBusiness.Club. mai 2019