La Fabrique repart pour un dernier tour

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Il embarquera forcément quelques paquets de gâteaux dans son bateau. Alan Roura, unique Suisse au départ de la 9é édition du Vendée Globe, qui sera donné dimanche 8 novembre des Sables d’Olonne (Vendée), fera honneur à son partenaire principal : La Fabrique. La marque de biscuits du groupe helvète Cornu embarque une seconde fois avec son skipper. Ce sera malheureusement la dernière. Le groupe a effet décidé de ne pas poursuivre après ce tour du monde. « Nous sommes une entreprise familiale et très pragmatique, justifie Cyril Cornu, responsable de la communication du groupe éponyme. Nous ne pouvons plus suivre financièrement dans les futurs projets d’Alan ». Trop cher !

Ce Vendée Globe signe donc la fin d’une aventure et d’une expérience pour le groupe Cornu, arrivé dans la voile par hasard. Ce fut grâce à un article vu dans Le Temps. Ce jour le quotidien suisse trainait dans le bureau de Cyril Cornu situé à une encablure du lac de Neuchâtel. « Je n’avais pas d’attirance particulière pour la voile mais le portrait d’Alan Roura, que je ne connaissais pas, m’a beaucoup intéressé, raconte Cyril Cornu. A l’époque, il cherchait à boucler son budget pour le Vendée Globe 2016/2017. Je l’ai appelé par curiosité ». Une curiosité bien placée. Le premier contact fut positif entre les deux hommes, et c’est ainsi que vogua le navire.

Cyril Cornu avait une idée derrière la tête. « Nous sommes très présents sur le marché suisse, avec la marque Roland, et cherchions à nous développer en France avec une autre marque, La Fabrique, » explique-t-il. Le dirigeant trouve dans le skipper, la voile et le Vendée Globe d’excellents supports de communication pour pénétrer l’Hexagone. A l’époque, l’investissement s’était élevé à quelques dizaines de milliers d’euros. Pour ce tarif, La Fabrique avait opportunément bénéficié du naming du bateau d’Alan Roura sur lequel l’entreprise Cornu plaçait beaucoup d’espoir. Bien leur a pris : le skipper se classait 12e du Tour du monde. « Exceptionnel, » se rappelle le dirigeant, conquis et, du coup, séduit pour explorer d’autres horizons.

Un biscuitier devenu armateur

La campagne suivante sera plus stratégique. « La marque La Fabrique avait besoin d’une plateforme de communication en France, » continue Cyril Cornu. Il engage donc l’entreprise dans un projet de 4 ans avec Alan Roura dont le point d‘orgue sera le Vendée Globe 2020. Ce sera avec un bateau neuf et « quelques centaines de milliers d’euros ». L’investissement n’était pas seulement financier pour le groupe suisse. « Nous avons fait le choix d’être armateur, car même pour une entreprise comme la nôtre il s’agit d’un investissement important, confie Cyril Cornu. Cette solution nous permettait d’optimiser les coûts en les amortissant et d’aller chercher d’autres partenaires ».

Toutefois, le développement de la marque ne suit pas les objectifs prévus et la distribution se révèle trop faible en France pour communiquer au niveau national. « Il faudrait être référencé 50 ou 100 fois plus », reconnaît le dirigeant. Celui-ci avait parié sur les départs des courses pour faire goûter ses gâteaux au public grâce à un stand d’exposition. « C’était important de montrer que nous proposons des produits boulangers et non industriels, poursuit Cyril Cornu. Hélas, cela n’est plus possible aujourd’hui à cause des règles sanitaires imposées lors des événements ». Un contexte qui pousse donc La Fabrique à faire le choix de ne pas poursuivre dans la voile. En attendant, le Vendée Globe sera pour le groupe suisse et son skipper un gros biscuit à se mettre sous la dent.

© SportBusiness.Club Novembre 2020

Cédric Cornu (La Fabrique) et le skipper Alan Roura (de dos)

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