Didier Quillot: «19/20, c’est terminé !»

Le directeur général exécutif de la Ligue de football professionnel (LFP), Didier Quillot, a, ce jeudi 30 avril, définitivement enterré les championnats de France 2019/2020 en raison de la crise sanitaire du coronavirus C’est sans doute la mort dans l’âme qu’il a conclu un point presse téléphonique donnant les détails de cette décision historique en lâchant : «19/20, c’est terminé!». Le matin, le Bureau de la LFP et le Conseil d’administration avaient validé la procédure et les classements de cette maudite saison qui couronne donc officiellement le Paris Saint-Germain en Ligue 1 et envoie l’Olympique de Marseille et Rennes en Ligue des Champions.

La reprise du championnat pourrait se faire «en août, au plus tard les 22 et 23 août,» a précisé Didier Quillot. «Cette date sera prise en concertation avec les diffuseurs, c’est-à-dire, dorénavant, Mediapro, Canal+, Free et Bein Sports, et en tenant compte de l’état sanitaire et des décisions gouvernementales,» a-t-il indiqué. La LFP pourra également «examiner la possibilité» de faire disputer les finales de Coupe de France et Coupe de la Ligue début août, «si le gouvernement nous permet à rejouer, y compris à huis clos», a ajouté le directeur général exécutif.

«Le football n’en sort pas grandi.»

Le dirigeant de la LFP veut passer à autre chose et préfère se projeter dans la saison prochaine. Mais ce sera sans oublier les débats de ces dernières semaines : plusieurs présidents de clubs ont donné leur avis, personnel, sur la manière de reprendre ou d’arrêter le championnat. Une «cacophonie» selon les termes employés par les dirigeants de la LFP. «Le football professionnel n’en ressort pas grandi, affirme Nathalie Boy de la Tour, présidente de la LFP. On a des esprits inventifs dans le football professionnel, des présidents qui ont beaucoup, beaucoup d’idées, qui ont des egos.»

La présidente de la Ligue en a profité pour dresser son bilan de cette période et même lister les points qu’il faudra améliorer dans le futur proche. «On a une gouvernance qui n’est pas aujourd’hui à son top, a déclaré Nathalie Boy de la Tour. Et là c’est un enseignement qu’on en retire. Ce n’est pas la première fois qu’on le voit, mais là, on peut le confirmer. On a besoin d’avoir une gouvernance plus ramassée. On a besoin d’avoir des syndicats de clubs réunifiés. On a besoin de simplifier nos statuts.» Le foot français se prépare à une nouvelle saison et à un grand ménage.

© SportBusiness.Club Avril 2020


Nathalie Boy de la Tour : «Une cacophonie indécente !»

«Nous ne nous sommes pas beaucoup exprimés ces dernières semaines Nous avons plutôt pris le parti de travailler. De travailler dur pour pouvoir trouver des solutions pour le football français qui traverse une crise sans précédent (…). Nous avons pu trouver assez indécent la cacophonie ambiante lorsque l’on parle de 20.000 morts en France. Vous le savez, sommes dans un milieu où il y a beaucoup de testostérone, beaucoup d’idées, beaucoup de tensions sportives, de volonté de faire des choses et contribuer au débat collectif. Il y a pu avoir des moments un petit peu tendus durant lesquels on s’est un peu trop répandu dans la presse. J’espère que les choses vont dorénavant être plus claires

«Nous déplorons [toute cette cacophonie ambiante], d’autant plus que ce qui est dommage c’est que tout ce qu’a fait le foot en mobilisation durant cette période là, en matière de solidarité, d’actions RSE, où tous nos clubs, nos joueurs, nos entraîneurs, la Ligue, les instances se sont mobilisés pour pouvoir faire des dons aider le personnel hospitalier, ou des causes qui nous semblaient importantes, tout cela, malheureusement n’a pas été suffisamment mis en avant. On ne peut s’en prendre qu’à nous. Il y a des enseignements à tirer de cette crise. On les tirera.»

Nathalie Boy de la Tour, présidente de la Ligue de football professionnel