L’activité économique de la filière sport a chuté de 21%

La crise sanitaire du covid-19 fait du mal à tous les secteurs économique et celui du sport n’est pas épargné. Selon les données de la deuxième édition de l’Observatoire de l’économie du sport du Groupe BPCE, l’activité de la filière sport a chuté de 21% en 2020. « C’est deux fois plus que le recul observé sur l’économie marchande : -11%, » commente Alain Tourdjman, Directeur des études et de la prospective du Groupe BPCE. La filière sport a été plus touchée car les mesures sanitaires ont eu un impact direct sur les deux fondements de ce secteur : les interactions sociales et la mobilité physique ». Un quart des entreprises du sport estime avoir perdu la moitié de ses ressources.

Le choc économique n’est pas identique au sein des différents univers du sport. Quand le coaching et les professeurs de sport ont perdu 32% de leur chiffre d’affaires, la distribution n’en a perdu que 12%. « Ces secteurs ont été moins impactés par la baisse ou l’absence de la pratique, poursuit Alain Tourdjman. De même, les plus petites structures ont plus souffert : -30% pour les TPE-PME de la filière sport en 2020 ». Toutefois, malgré ce contexte défavorable, BPCE observe que le niveau de création de nouvelles entreprises reste fort : 11 033 en 2020, contre 13 305 l’année précédente. Seules 600 ont mis la clé sous la porte : « Le chiffre le plus bas depuis 10 ans, » note le dirigeant.

Une pratique plus individuelle et en plein-air

Même si une petite majorité des patrons d’entreprises du sport (51%) estime que l’activité devrait repartir avant la fin 2021, un tiers craint pour sa trésorerie lors des 12 prochains mois. « La trésorerie moyenne disponible est de 4 mois, précise Alain Tourdjman. Un tiers, surtout les TPE-PME, n’a même qu’un seul mois ». A l’avenir, le panorama du sport sera bien diffèrent de celui d’avant, estiment les dirigeants du secteur du sport. Près de la moitié (49%) parie sur la pratique de plein-air, 39% sur la pratique libre ou à la carte, et 38% sur les cours à distance. A l’inverse, 30% ne croient plus aux cours pris à l’année, et 28% estiment que les sports collectifs vont baisser.

Dans ce contexte, le sport professionnel accuse un recul de 30% de ses revenus en 2020, selon l’Observatoire. Plus que la moyenne du secteur, donc. « Les perspectives pour le “sport spectacle” sont mauvaises, avance Alain Tourdjman. Le huis clos imposé pour l’actuelle saison risque d’avoir des effets en chaîne sur plusieurs années ». Si les recettes de billetterie sont en fort recul, la crainte est de voir aussi régresser les autres postes de profit à cause de la baisse d’audience générale autour du sport professionnel. « Le retour à l’activité normale se fera via une transformation radicale de l’activité, » prévient le Directeur des études et de la prospective du Groupe BPCE.

© SportBusiness.Club Février 2021